Tsipras en 2015

(le dessin de 2015 dit bien la situation)

Je n’avais pas eu le temps d’aller vérifier l’état du rapport des forces en Grèce. Oui je savais tout de la défaite de Syrisa et de la victoire des Conservateurs mais déjà au moment des européennes j’avais noté la disparition de l’autre frange très à gauche, le PC grec qui avait annoncé dès le départ, non pas la trahison de Syrisa, mais son incapacité à régler les problèmes.

Si Syrisa avait eu un mauvais score aux européennes (1 343 000 voix, 23,75% des suffrages, contre 1 926 000 voix et 35,46% en septembre 2015), les législatives ne furent pas une catastrophe : 1 781 000 voix et 31,53%. La perte est de 4% par rapport à 2015 mais vu le système électoral ce sont 86 élus avec 59 postes perdus ! L’ex-Pasok socialiste reste K.O. car sous le nom de Kinal il progresse très peu avec 8,1% (mais 5 députés en plus). Mais alors, à gauche le KKE (PC grec) pouvait-il espérer récupérer le mécontentement ? Avec 299 000 voix et 5,30%, il continue à perdre un peu en pourcentage et en voix.

C’est l'abstention, qui s'accroît de 36,1% en janvier 2015à 42,1%, qui explique l’échec de la gauche.

Quant à la gauche anticapitaliste, elle est profondément divisée. Antarsya n'obtient que 23 000 voix soit 0,41% des suffrages et LAE (Unité Populaire), scission de Syriza, n’obtient que 0,28%.

 Du côté de la droite si Nouvelle démocratie (ND) a fait le plein des voix, (39% soit seulement 8% de plus que Syrisa) c’est aussi dû à la disparition d’Aube dorée (qui avait donné lieu à tant d’articles en 2015 !) même si une autre extrême-droite entre au parlement avec (3,7%) (10 députés).

 Bilan, Syrisa est battu mais reste l’alternative (ou plus exactement l’alternance) à une politique de droite qui a décidé de frapper fort dès le départ par une répression féroce ! J-P Damaggio