jean-mathieu michel

La mort malheureuse d’un maire du Var vient de donner l’occasion à nos illusionnistes médiatiques de nous faire pleurer sur le sort des maires mal payés, dévoués et tant aimés.

Hier le maire était l’interface pour parler moderne entre l’Etat et les citoyens si bien que pendant des décennies l’Etat a tardé avant d’accepter que le maire soit élu par les dits citoyens. Entre il y avait bien le préfet (donc l’Etat) et les Conseils généraux en sous-traitant de l’Etat.

Or aujourd’hui les maires n’existent plus sauf bien sûr ceux qui sont devenus président des intercommunalités !

Il est fabuleux de constater comment sont montés en puissance les intermédiaires. D’abord les Conseils généraux qui après avoir eu leur siège à la préfecture se sont faits construire des bâtiments indépendants, et ont multiplié par je ne sais combien leur nombre d’employés.

Puis à partir des années 90 (oui c’est récent) ce sont les Conseils régionaux qui ont eu leurs châteaux ! En 1983 avec quelques amis nous avons occupé la salle de la séance pléniaire du Conseil régional de Midi-Pyrénées pour y défendre l’agriculture et on a déployé une banderole. L’entrée était facile, la salle minable, la séance interrompue quelques minutes et puis tout est entré dans l’ordre ! Le Tarn-et-Garonne avait alors deux élus désignés par le Conseil général. En 1986 leur nombre a été multiplié par cinq.

Mais tout ça n’est rien par rapport à la construction puis à l’expansion des intercommunalités. Le maire est devenu une illusion et plus il devient une illusion, plus il est célébré pour masquer la réalité.

Bien sûr que je rend hommage à jean-mathieu michel (dont il est difficile de trouver la photo sur internet) mais là n'est plus la question et mon taux de colère est monté d'un cran de plus ! J-P Damaggio