Le gouvernement espagnol est en train de reconnaître et de publier les 4400 noms d’Espagnols passés par Mathausen et Gusen. C’est au cours d’une conférence à Huesca que je pris conscience de ce phénomène. Des milliers d’Espagnols résidents en France suite à la guerre de 36-39, furent envoyés dans ce camp tout particulier de la géographie allemande. Montserrat Llor a écrit un livre sur le sujet : Vivos en el averno nazi.

marcelino bilbao

Marcelino Bilbao est mort en 2014 en Châtellerault (Francia). Il fut le dernier survivant espagnol à avoir souffert en ses chairs les expériences médicales de la SS à Mauthausen.

alfonso ortels

Manuel Alfonso Ortells, anarchiste comme le précédent, a été le prisonnier numéro 5.564 de Mauthausen. Son voyage jusqu’à cette destination commença le 21 de décembre 1936 quand il s’est engagé dans la colonne Durruti pour se battre sur le Front d’Aragon où il deviendra vite sergent. Comme beaucoup, après sa traversée de la frontière française, les camps, la compagnie des Travailleurs étrangers et la capture par les nazis le 24 juin 1940, il s'est retrouvé le 11 décembre 1940 à Mathausen.

conchita ramos

Inversement c’est seulement par le dernier convoi arrivant à Ravensbrück que Conchita Ramos fit connaissance avec l’univers des camps de concentration nazi. Elle fut une des membres du train fantôme. A la fin de mars 1945, Himmler a ordonné l’évacuation des camps et le commandant de Ravensbrück, Fritz Shren, fit sortir les 20.000 femmes capables de marcher. Elle a marché jusqu'à aujourd'hui.

franciso bernal

Francisco Bernal est mort en 2013 à Paris. Il est sorti vivant de l’enfer nazi grâce au métier qu’il a appris dans sa Zaragoza natal: cordonnier. Engagé dans l’armée française il a été arrêté en juin 1940 et envoyé au Stalag VII A de Moosburg, en Bavière. Il arriva à Mathausen le 9 septembre 1941. Ses compétences en matière de chaussures lui sauvèrent la vie.

segondo espallargas

Segundo Espallargas est mort en 2012 à Paris à l’âge de 93 ans. Il avait 22 ans quand il arriva à Mauthausen le 27 janvier 1941. Lui a été sauvé car il était boxeur : dans le camp les nazis organisaient des combats de boxes et parce qu’il gagnait, il a pu être présent le jour de la libération !

Ces parcours de vie ici résumés donnent un aperçu de générations de militants. J-P Damaggio