jules duval

Dans le livre de Jean-Michel Cosson, sur La Trilogie des Durand de Gros, Jules Duval apparaît trois fois. D’abord en tant que dirigeant de la Revue de l’Aveyron et du Lot où Durand de Gros écrira plusieurs articles. Ensuite en tant qu’homme ayant joué « un rôle prépondérant » pour conduire Durand de Gros vers le Saint-simonisme.

Là, en note Jean-Michel Cosson indique : « Jules Duval. Auteur de plusieurs ouvrages d’économie. Partisan des thèses fouriéristes, il fut l’un des fondateurs de la colonie algérienne du Sig. Premier secrétaire de la Société des Lettres, il fonda le journal « La Revue de l’Aveyron et du Lot».

Membre dès 1836 de la Société, J.A. Durand de Gros en démissionna en 1861. Il envoya une première lettre à H. de Barrau qui la cacha au bureau de la Société. Par une deuxième lettre, Durand de Gros confirma sa décision, qui fut alors adoptée. »

Le fils, parti étudier à Paris y retrouvera Jules Duval à qui il écrit souvent. C’est de cette rencontre que naîtra chez le fils le goût pour « l’idiome patois » auquel Duval a consacré une étude.

En fait Jean-Michel Cosson malgré une étude minutieuse, en particulier pour noter les dizaines d’articles de Durand de Gros dans la presse, ne croisa pas La Démocratie pacifique où Duval joue un grand rôle et signe sans doute d’un pseudo et où il ouvre ses colonnes à son ami Durand de Gros, tout comme à son fils ensuite.

Wikipédia résume ainsi le cas de Jules Duval : « Armand Jules Duval, né le 30 avril 1813 à Rodez et mort le 20 septembre 1870, est un avocat, économiste, géographe, et journaliste français. Il est un farouche partisan du fouriérisme et de la colonisation de l'Algérie. »

Durand de Gros est plus âgé : Né le 6 février 1792 à Rodez (Aveyron), mort le 20 juillet 1869.

Jules Duval  travaille à Rodez de 1835 à 1846 quand il entre au comité de rédaction de La Démocratie pacifique. A partir de 1847 il vit à la fois à Paris et à Saint-Denis du Sig une commune d'Algérie de la wilaya de Mascara, située à 50 km d'Oran à l'ouest de l'Algérie. Le 31 décembre 1845, un groupe d’avocats, de médecins, d’ingénieurs et d’officiers fouriéristes de Lyon et de Franche-Comté y fondèrent l’Union Agricole d’Afrique à Saint-Denis du Sig, en Algérie. La rigueur militaire du règlement dissuada beaucoup de colons et cet essai se changea rapidement en une société normale basée sur le salariat : l’Union du Sig.

Là comme ailleurs Jules Duval fonde un journal : L’Echo d’Oran (en 1852). En 1855, il entre à la rédaction du Journal des débats et en 1857 à la Revue des deux mondes. Puis il crée l’Economiste français en 1862.

Sa vision de la colonisation algérienne va susciter une critique de la politique de Napoléon III pour qui l’Algérie est aussi « un royaume arabe ». Ses réflexions sur la question, aide à mieux comprendre, en retour, pourquoi Marx a souhaité démonter minutieusement (et judicieusement à mon avis) le socialisme utopique.

Le rapport entre Durand de Gros et Jules Duval permet de mieux se pencher sur le cas de l’Aveyron où les contradictions furent fortes mais jamais changées en conflit ! L’idée d’appartenir au «Rouergue» a toujours été un ciment capable de tenir ensemble des cléricaux et des anticléricaux. J-P Damaggio

Parfois sur internet il y a des surprises. Le livre de Jules Duval de 1847 sur le patois et les proverbes de l'Aveyron a été publié par l'IEO de Paris (cliquez sur le titre)