https://lacademie.tv/conferences/les-strategies-de-judith-cladel-pour-exister-comme-artiste

 En 2017 une Belge Cécile Vanderpelen a présenté une conférence de 30 minutes sur Judith Cladel ! A cause bien sûr d’Edmond Picard qui eut pendant vingt ans Judith comme maîtresse.

Cette conférence est disponible sur internet ! C’est donc de Belgique que vient cette nouveauté.

Elle propose la réédition du premier roman : Confession d’une amante qui est largement présenté, un livre autobiographique. J-P Damaggio

 J’en profite pour reprendre  ce petit article.

Le Populaire 23 avril 1935

Judith Cladel a bien voulu nous recevoir, dans son came appartement du 6ème arrondissement, plein des souvenirs de son père et de Rodin, sur qui elle prépare une importante étude. Nous avons admiré ensemble un beau portrait de Cladel par Bracquemond, nous avons feuilleté'manuscrits, lettres et souvenirs, les manuscrits d'une écriture si tourmentée et si fine que Mme Cladel a usé ses yeux à les copier, les lettres parmi lesquelles un grand nombre sont signées de Benoît Malon, avec qui Cladel entretint toujours les rapports les plus fraternels.

Nous avons pu voir aussi le fils unique de Léon Cladel. Cladel aurait voulu que son fils Marius fût peintre ; il est sculpteur (auteur du buste de Robespierre, dont l'inauguration a eu lieu, nos lecteurs le savent, à Arras en octobre 1933 ; il travaille a l'heure actuelle à un buste de Séverine).

Judith et Marius Cladel se rappellent la figure à la fois tendre et rude de cet homme. Tendre pour les malheureux, rude jusqu'à l'intransigeance pour les hypocrites, les bourgeois gavés, les puissants.

Robert Bernier dans une petite brochure qu'il fit éditer en 1893 à la librairie de. la Revue Socialiste, raconte quelques épisodes de cette vie héroïque. Entre autres cette page, tirée d'un article de Séverine après la mort du romancier et que nous transcrivons.

« Quand un directeur disait à Cladel que, pour publier son roman, il lui demandait des concessions - un peu moins défendre les pauvres, un peu moins attaquer les riches - Cladel, sans répondre, reprenait son vieux chapeau, sa limousine de routier, son gros bâton, son manuscrit et s'en retournait vers Sèvres, le dos un peu courbé sous le fardeau de sa déception, le pas un peu traînant, sous le poids de sa lassitude, mais portant beau le front où resplendissaient ses yeux extasiés. »

Et quand il concluait :

- Rien !

- Tu as bien fait ! disait sa femme. »

Tel fut l'homme sur lequel nous avons voulu attirer l'attention de nos lecteurs. Son œuvre et lui-même valent bien cet hommage. Andrée Marty-Capgras