Les_Etats_généraux_du_féminisme_de_1929

 

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Jeanne Fernande Perrot dite Thilda Harlor est une journaliste, femme de lettres, critique d’art et militante féministe française, née à Paris le 9 août 1871 et morte le 28 décembre 1970.

Elle est donc de la génération de Judith Cladel (2 ans de plus) et ensemble, sous la direction de Marguerite Durand elles se sont enthousiasmée par son journal ; La Fronde.

L’amitié entre les trois femmes a traversé toutes les époques même si pour des raisons inconnues Judith Cladel ne travailla follement à La Fronde qu’en 1898.

Toutes les deux ont été présentes dans des dizaines de revues et leurs œuvres ont permis de célébrer… des hommes !

Judith a consacré sa vie à Rodin et Harlor à plusieurs hommes : Léopold Lacour, le premier à avoir étudié le cas d’Olympe de Gouges avec l’aide du Tarn-et-Garonnais Edouard Forestié, Gustave Geffroy, Benvenuto Cellini, Georges Lecomte, Gabriel Gauny, et je ne suis pas surpris que son premier roman de 1906, porte le titre de : Le Triomphe des vaincus.

harlor

Elle fut directrice de la bibliothèque Marguerite Durand (décédée en 1936) jusqu'en 1945.

Elle signait ses ouvrages Th. Harlor, ses articles Harlor.

Comme Judith elle ne semble pas s’être mariée.

Pour la faire connaître j’ai retenu un article de 1929 des Nouvelles littéraires qui se termine ainsi :

« Quelqu’un a parlé de féminisme raisonnable et de féminisme forcené, mais les deux sans doute sont nécessaires puisque la raison ne l'emporte presque jamais dans les grands remaniements sociaux sans un peu de violence ou tout au moins d'action voyante. Les Etats Généraux de 1929 auront été un triomphe pour le féminisme raisonnable et raisonné. »

Auparavant elle cite une déléguée du Gers qui a bien amusé la salle :

«Pour la séance de clôture, déclarations des déléguées. A noter celle de Mlle Thuliez au nom des anciens combattants, héroïne deux fois condamnée à mort par les Allemands ; puis de l’envoyée de paysannes du Gers qui, sou à sou, se sont cotisées pour lui payer le voyage d'aller. Le retour, elle comptait le faire à pied. En cheveux, en grosse cotte villageoise, c'est avec une brûlante rhétorique «peuple», une agitation expressive de pythonisse méridionale et un bon sens de joviale commère grasse et ronde, que cette Gabrielle Petit a soulevé l'auditoire en expliquant ses méthodes de propagande, son argumentation apostolique et les résultats obtenus. Que des campagnards récalcitrants aient l'air de lui opposer qu'étant eux «tout dans la maison» leurs femmes doivent se contenter d'être leur ombre, elle part en démonstrations de ce genre : «Est-ce avec vos bras qu'elles travaillent, avec vos pieds qu'elles marchent ? Est-ce avec votre cœur qu'elles aiment ?» Et le ton est irrésistible.»

Les amis Gersois ont-ils eu connaissance de cette Gabrielle Petit ?

J-P Damaggio