2001, la France étant sous gestion PS-PCF-Verts, le mécontentement à gauche a donné lieu à l’émergence de listes citoyennes (d’autres existèrent à travers le temps par exemple à Montauban en 1983 et 1989).

Toulouse avec Les Motivé-e-s est devenue la figure de proue d’un mouvement beaucoup plus large.

Or aux municipales, les listes sont surtout citoyennes car le nombre d’encartés politiques et faible si bien qu’à présent même dans les villes on a des maires SE (sans étiquette).

C’est d’ailleurs la raison qui explique ma passion pour cette élection. Les municipales sont exactement le contraire de l’élection européenne. De par la division du pays en une multitude de communes, le nombre de Français engagés dans cette bataille est énorme. Et nous pouvons assister à ce paradoxe : la France pays centralisé voire centraliste est en réalité fabriquée politiquement par l’élection municipale, du moins jusqu’à ces dernières années.

La vie municipale a été le terreau qui a produit les divers courants de gauche : lieu d’apprentissage, lieu d’expérimentation, lieu de débat, c’est là que s’est forgée une conscience démocratique, que la république s’est enracinée.

En 2001 donc, le phénomène surprenant a été cette présence de listes citoyennes qui en plus de Toulouse a donné aussi, dans la région Condom citoyenne. Aux municipales suivantes nous aurons Montauban citoyenne.

J’ai suivi avec curiosité, voire intérêt ce qui s’est passé à Toulouse d’autant qu’à la rentrée de septembre Les Motivé-e-s ont organisé une rencontre nationale des listes citoyennes.

Ce phénomène ne pouvait pas témoigner d’une naissance politique comme la naissance des Verts et du FN en 1988-1989, mais reprenait un flou que Chevènement avait tenté d’utiliser en créant le Mouvement des Citoyens.

Malgré son résultat considérable, la liste Motivé-e-s est vite apparue comme un accident de l’histoire, car il lui était difficile de construire un discours cohérent. Dès le soir du premier tour il y a eu la scission entre ceux qui étaient pour le maintien de la liste, et ceux qui étaient pour la fusion avec la liste de gauche.

Comment s’annonce 2020 après le coup de force de Macron ? La division LREM à Paris témoigne de l’inévitable descente vers la société. Du Palais de l’Elysée, retour à la case départ, la commune.

Sauf que la commune n’est déjà plus la commune.

Pour détruire la démocratie en France par les Régions et l’Europe, le mouvement a été assez rapide avec en 1979 la première élection européenne au suffrage universel, et en 1986 la première élection régionale au suffrage universel (à la proportionnelle dans les deux cas).

Mais si, autre paradoxe de l’histoire, la gauche au pouvoir a tout fait pour détruire la commune au nom de l’intercommunalité, aujourd’hui encore les élus communautaires seront élus dans le cadre des municipales (il a fallu du temps)  et non pas dans le cadre de listes intercommunales.

Que peuvent donc les citoyens face au pouvoir intercommunal ?

Je suis sûr que la très grande majorité des habitants de ma commune ne savent pas à quelle intercommunalité elle appartient, et s’ils ont souvent poussé la porte de la mairie qui a eu l’occasion de pousser celle de la maison de l’intercommunalité ? (elle n’a même pas de nom !).

C’est ainsi que sur les feuilles d’impôts communaux, petit à petit, est apparue la ligne impôt régional, impôt intercommunal, en plus de l’impôt départemental. Des sommes assez réduites mais qui donnent à l’institution nouvelle, la com com, le pouvoir de fixer les lignes à suivre.

 A Toulouse, sous les auspices de l’association citoyenne Archipel, il semblerait qu’on aille vers une nouvelle liste citoyenne où Verts et LFI prendraient place.

J’ai déjà évoqué la question  mais depuis la situation a évolué puisque Nadia Pellefigue est finalement la candidate PS après avoir lancé une opération citoyenne en marge du PS !

Toulouse 2031 est toujours actif (un facebook).

Toulouse 2031 : présentation sur le site de l’université populaire.

Archipel est toujours actif.

A suivre. J-P Damaggio