révolte equateur

Trois présidents, Abdalá Bucaram, Jamil Mahuad et Lucio Gutiérrez n’ont pas résisté aux révoltes populaires en Equateur. Rafael Correa fut un produit des dites révoltes et a pu rester au pouvoir où il s’est cependant usé car sa répression des mouvements populaires (surtout les Indiens) a été régulière. L’actuel président qui a été au cœur du système précédent a choisi l’aide du FMI pour sauver le pays… et l’état d’urgence sous contrôle de l’armée pour arrêter les manifestants.

Le FMI que l’on avait un peu oublié a mis des conditions au versement des aides, des conditions dont le peuple fait les frais.

Comme souvent en Amérique latine les sociétés de transports sont au cœur de la société en conséquence toute augmentation du carburant soulève leur colère. 70% des gens ne vont jamais au poste à essence mais ils paient le bus qui lui y passe. Le galon est passé de 1,8 dollars à 2,2.

Mais l’augmentation touche surtout ceux qui transportent des marchandises : de 1,3 à 2,1.

Le FMI vient donc de donner 4200 millions de dollars.

N’oublions pas que la monnaie c’est le dollar et qu’en conséquence le pays ne peut pas avoir depuis l’an 2000 de politique monétaire.

Le 11 avril 2018 l’asile donné à Assange par l’Equateur a été abandonné sur pression des USA (le vice-président et le FMI), ceci étant il n’a pas été extradé à ce jour.

De plus une corruption du nouveau système a été mise en valeur à partir du cas du frère de Lenin Moreno, Edwin Moreno Garcés qui à Belice a créé une entreprise très louche.

Mais beaucoup se posent des questions : Moreno veut cette aide pour sortir le pays du dollar comme monnaie nationale, sous pression des grands exportateurs et des banquiers, qui ne s’y retrouvent pas financièrement, et qui veulent utiliser la révolte actuelle pour mieux imposer son propre pouvoir.

Je doute que le président puisse résister à la fois aux révoltes de la rue et aux grands banquiers qui, sans nul doute, travaillent à le remplacer. Jamil Mahuad a été chassé du pouvoir pour avoir dollariser le pays mais son départ pour le Chili n’a pas chassé pour autant la cause de la révolte, l’instauration du dollar comme monnaie nationale ! A ce moment là 21 banques sur 42 avaient été détruites.

Mais pour les présidents précédents chassés du pouvoir l’armée est venue au secours des révoltes populaires. Va-t-il se passer la même chose ? J-P Damaggio

P.S? : J'indique qu'en Haïti les révoltes sont équivalentes.