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Anne Françoise Eugénie Osmont est née le 2 août 1872 à Toulouse d’Athanase Eugène Osmont, un négociant et d’Antoinette Espérou, sans profession. Dès l’âge de quinze ans, sa chère grand-mère, proche d’une tribu de gitans espagnols, lui enseigne les vertus médicinales des plantes et l’influence des astres. Férue d’études philosophiques et religieuses, elle apprend très tôt l’hébreu et s’ouvre ainsi à l’étude de la kabbale. Son article sur l'Italie montre qu'elle connaît aussi l'italien.

Elle fut une des plus grandes occultistes du début du vingtième siècle. L'Art Méridional et le Messager de Toulouse ont publié ses premiers textes. Elle devient la maîtresse de Laurent Tailhade, et écrit la préface de Poèmes élégiaques, Vitraux (illustrations de Madeleine Leroux gravées par Louis Maccard, préface d'Anne Osmont, Paris, Association et cercle Grolier, 1926). Elle s'installe à Paris (1898), collabore à la Fronde, et, en 1902, à « La revue d’art dramatique ». Elle publie des nouvelles dans « Le journal des débats politiques et littéraires », (L’enchanteur le 23 septembre 1924). En 1907, le jury féminin de la Vie Heureuse couronne et édite son recueil de poésies : Nocturnes. Elle publie un roman Le sequin d’or où il semblerait qu’elle projette une part de sa propre existence.

En matière d’occultisme son chemin croisa par deux fois au moins les seuils de l’énigme de Rennes-le-Château car elle connut fort bien Prosper Estieu qui fut l’instituteur poète du petit village et aussi le sulfureux Georges Monti, âme damnée dit-on de Pierre Plantard. Au « Mercure de France » son nom voisine avec celui d’un autre poète, écrivain et occultiste toulousain Maurice Magre.

 Elle meurt le 13 mai 1953 à Paris.  Voici une des évocations dans La Fronde qui va nous obliger à découvrir Renée Rambaud. J-P Damaggio

La Fronde 15 mai 1900

Les Conférences

La religion et la femme

« Il faut une religion pour la foule ; cela occupe les femmes et maintient les domestiques dans l'observance de leurs devoirs ». C’est cette opinion hélas ! si courante encore que Mme Osmont, notre brillante collaboratrice a voulu, réfuter, hier, à la Fronde en une étude pleine d'intérêt, documentée, profonde.

A quoi donc la femme inoccupée, rêveuse emploierait-elle ses facultés sentimentales si elle n'avait un Dieu, ou des dieux à adorer; si la Religion n'était là pour lui dicter de multiples devoirs ? interroge-t-on fréquemment. Et puis, de ce que la femme est la première à sacrifier sur les autels sacrés, à les parer; de ce qu'elle leur demeure fidèles, on conclut qu'elle ne saurait s'en passer.

Jamais erreur ne fut plus nettement exposée, plus logiquement déduite. Mais on oublie que l'âme féminine, comme d'ailleurs l'âme masculine n'est que ce que les influences présentes ou passées, la font.

On nous élève pour servir, dit Mme Osmont, on tient une moitié de l'humanité en servage, et l'on s'étonne qu'elle ait des défauts d’esclaves, des artifices d'esclaves, une compréhension bornée. Le contraire serait pour nous surprendre davantage. Parce que durant deux mille ans, on s'est appliqué à déformer le cerveau de la femme, il ne s’ensuit pas que les défauts qu'on lui a si laborieusement inculqués, faisaient de toute éternité partie intégrante de sa nature.

Loin de là. Rendez libre une femme, laissez-la maîtresse absolue de ses actions, elle ne se conduira ni plus mal, ni plus maladroitement qu'un honnête homme. Elle perdra ses petites ruses, ses coquetteries puériles. Sa beauté, sa grâce ne sera plus une arme de combat, mais une arme luxe.

Grandie, elle deviendra alors capable de pénétrer la véritable religion, celle de la nature, de la vie.

Nous ne pouvons malheureusement, suivre Mme Osmont dans ses poétiques développements, dans ses fortes conclusions; et nous craignons de trahir sa pensée. Mais ajoutons que c'est avec l'autorité de l'érudit et le charme de la femme qu'elle a enrichi cette conférence de nombreuses et belles citations,

RENÉE RAMBAUD.