padura espagnol

Hier à Montauban un lecteur-admirateur du livre de Padura L’homme qui aimait les chiens a posé une question pour savoir si sur la couverture espagnole c’était bien une photo de Trotsky avec son chien. Il aurait pu répondre simplement oui, mais comme toujours Padura a mille anecdotes a raconter. C'est en fait un conteur plus qu'un écricvain ou un écrivain-conteur.

D’un côté, Trotsky et les chiens.

Quand il a quitté l’URSS il est parti avec son chien pour la Turquie et là le chien est mort. En France beaucoup ont témoigné qu’il aimait récupérer les chiens qui traînaient autour de sa maison. Idem à Mexico. Trotsky était un homme qui aimait les chiens.

De l’autre côté, Mercader.

Quand il a quitté l’URSS pour Cuba, quatre ans avant sa mort, il a emporté avec lui ses deux lévriers. Padura a la photocopie d’une lettre de Mercader où il indique que les deux chiens sont les princes de sa maison.

Mercader, l’assassin de Trotsky était un homme qui aimait les chiens.

Un trait d’humanité malgré tout…

padura français

 Mais les couvertures de livre n’ont aucun souci des finesses d’un titre (c’est encore plus net pour les films). Même quand un auteur a fait des pieds et des mains pour obtenir la photo qu’il souhaitait, les éditeurs des traductions font ce qu’ils veulent car la couverture n’est pas là pour faire plaisir à un auteur mais pour capter un lecteur ou plus exactement l’image que l’éditeur se fait du lecteur après sans doute des enquêtes d’opinion etc… J’ai découvert ce phénomène avec un livre auquel Vazquez Montalban tenait beaucoup et qui s’appelle justement : Quand Dieu entra à la Havane ! (encore Cuba) Il avait trouvé la photo parfaite et rare de Castro conforme au titre qu’il imposa à l’éditeur espagnol mais ensuite, en particulier en France, la couverture fut une insanité !

 Donc voici les couvertures du livre de Padura : L’homme qui aimait les chiens.

En effet pour la couverture espagnole on a bien une photo de Trotsky avec ses chiens qui occupe une large place. Une photo qui donne un aspetc historique concret.

 

Quand on passe du côté français, on a une étoile avec à l'intérieur une petite photo d'un Trotsky assez jeune. Parfois comm sur l'image ici il y a une bagutte mais qui n'est pas sur mon exemplaire. L'éditeur a-t-il

padura italien

considéré qu'il fallait l'ajouter ou l'enlever. Ce qui est sûr c'est que c'est l'étoile qui attire l'oeil et je ne vois pas pourquoi cette astuce.

 Du côté italien on retrouve en gand le portrait de Trotsky, un portrait du vieux Trotsky avec sa moustache blanche et ses lunettes inoubliables.

Les deux chiens qui sont sur la plage sont ceux de Mercader avec peut-être en fond la silhouette du tueur. Le portait de Trotsky domine la scène. A mes yeux du point de vue esthétique, une belle couverture. En quoi le lecteur italien peut-il être plus attiré par ce choix que par la copie simple et directe de la couverture originale ? Il y a une raison que j'ignore par manque de connaissance de ce qu'est le lecteur italien visé.

 Du côté anglais nous sommes encore dans un autre cas. Elle est extrêmemnt chargé comme une couverture de magazine.

D'abord les photos. En haut à droite, le coin le plus visible,  c'est Trotsky avec peut-être à côté de lui Staline. Puis il y aune photo de femme que je ne devine pas. 

 

 

padura anglais

Pour Padura il est expliqué que c'est le plus grand écrivain cubain vivant.

Comme si ça ne suffisait pas, sous le titre en très gros caractère le titre et une traduction : Le chef d'oeuvre de Padura au sujet de l'assassinat de Léon Trotsky.

Le tout sur un fond de plage, peut-être la Havane.

C'est l'exact contraire de la sobriété de la couverture française mais elles ont un point commun : l'absence du chien !

D'autres pourraient faire des lectures encore plus finee de ces comparaisons (il faudrait comparer aussi le prix sauf qu'on ne sait pas si la version anglaise est aussi celle des USA).

Etrangement, quand je demande la version russe, je tombe sur la version... italienne. Mais il existe une page wikipédia en russe sur Padura : ICI. Et il existe le livre en russe qui a le même titre... qui est celui de Chandler (c'est pareil en catalan !). 

Donnons ici une autre anecdote : Après avoir purgé sa peine à Mexico et vécu à Moscou, Ramon Mercader a passé les dernières années de sa vie à Cuba, à la suite d'un arrangement entre les

padura portugais

services de renseignement cubains et soviétiques. A La Havane, c'était un secret de polichinelle. "Le cinéaste Tomas Gutiérrez Alea cherchait des lévriers pour son film Les Survivants (1978), lorsqu'il aperçut un vieil Espagnol qui se promenait avec deux magnifiques chiens russes, raconte Padura. C'était Ramon Mercader, qui accompagnera ses lévriers pendant tout le tournage. Et des années plus tard, lorsque Alea aura des difficultés à se déplacer, il utilisera la canne qui avait appartenu à Mercader."

Côté portugais pour finir, on a une couverture qui surprend par son double aspetct. D'un côté une photo de Trotsky mais on comprend mal ce qu'il porrte sur l'épaule. Et dessous un chien, un lévrier qui est dessiné. Il faut sans doute autant penser au public portugais qu'au public brésilien.

Padura comme d'autres auteurs aime-t-il collectionner les éditions du monde entier de ses oeuvres ?

Et cette multiplicité d'édition n'est-elle pas la preuve de ce qu'il dit : les hommes et les femmes de partout passent par les mêmes épreuves, les mêmes joies... ?

Tout ceci n'est-ce pas incroyable ? J-P Damaggio