Barcelone

Des Catalans demandent depuis longtemps à pouvoir devenir une république indépendante. Je dis bien «des Catalans» et non «les Catalans». Les lois de l’Espagne et une large majorité des Espagnols extérieurs à la Catalogne refusent d’envisager cette idée. A partir de là, suivant la formule, ils sont nombreux à vouloir jouer avec le feu.

En Yougoslavie en guise de «justice» les armes ont parlé.

En Espagne c’est donc un tribunal qui a été convié à trancher la question politique et les sanctions infligées à des dirigeants catalanistes a fait franchir un pas de plus au conflit, des dirigeants qui d’ailleurs ne sont pas tous des séparatistes ou des indépendantistes. Si les médias (qui sont là aussi pour jouer avec le feu !) ont fait de Puigdemont une figure de premier plan, il est aisé de découvrir que dans les élections son parti est loin d’ERC dont personne ne peut désigner le nom d’un dirigeant.

On va me dire qu’après la Yougoslavie ma comparaison avec l’Algérie est ridicule. Malheureusement nous avons pu vérifier comment les folies de dirigeants politiques ont conduit à la barbarie. Folie n’est même pas le mot ! Il a fallu que De Gaulle en arrive à taper du poing sur la table et en quelques mois l’affaire fut classée avec bien sûr les effets pervers.

Je ne suis pas du genre à comparer l’indépendance de la Catalogne et celle de l’Algérie mais à comparer le refus de tout dialogue du pouvoir d’un côté et de l’autre. Or le cas Catalan a déjà bousculé toute la vie politique du pays ! La naissance de Vox d’abord en Andalousie est la riposte d’une part de cette province qui sait toute l’attention que l’on a porté ou que l’on porte aux émigrants Andalous à Barcelone.

Sanchez a donc une immense responsabilité s’il ne veut pas que l’incendie s’étende dans le pays ! Pour des raisons électoralistes il est près à sacrifier les soutiens nombreux de son Parti en Catalogne aux soutiens qu’il reçoit ailleurs dans le pays de part son refus masqué de tout dialogue.

Sur ce dossier seule la position de Podemos me paraît sérieuse : dialoguer pour étudier dans quelles conditions un référendum pourrait se réaliser honnêtement. Bien sûr, je devise la réponse du pouvoir : si on met en place une telle loi constitutionnelle en Espagne (car ce ne peut pas être le seul privilège des Catalans) alors l’Andalousie elle-même pourrait demander un tel référendum ! Et nous aboutirions à la fin de l’Espagne comme nos sommes arrivés à la fin de la Yougoslavie. Et le pays suivant dans la tourmente serait la Grande-Bretagne. Or justement, avec le droit au référendum en Ecosse la Grande-Bretagne a pu continuer son chemin ! D’un côté l’Europe n’a cessé de s’élargir et de l’autre des nations n’ont cessé de se diviser ! Voilà pourquoi le débat sur la Catalogne doit être un débat européen et sur ce point je rejoins Puigdemont.

J-P Damaggio