La Jornada

Depuis 2006 j’étudie les efforts d’AMLO pour accéder au pouvoir au Mexique. Et depuis 2006 j’espère qu’il sera une solution pour la crise sans précédent de ce pays. Je l’ai vu quitter le PRD, je l’ai vu créer Morena, je l’ai vu à Mérida, Mexico et partout. Et je l’ai vu gagner les dernières présidentielles. Bravo AMLO.

Puis apparaît cette tache noire du jeudi 17 novembre, définitivement noire.

Comment allait-il réagir ? Commet allait réagir ses amis de La Jornada ?

Aujourd’hui le titre est à mourir de rire ou à rire jusqu’à en mourir !

Un accord entre Trump et AMLO pour congeler le trafic d’armes !

Depuis le début les relations entre Trump et AMLO sont au beau fixe car le Mexique a réussi à diminuer le nombre d’exilés tentant de passer aux USA et de plus le Mexique a été obligé d’en recevoir un bon nombre chassés des USA, donc tout va bien…

Vu le coup de force des truands à Culiacán, Sinaloa, AMLO a

la garde nationae mexique

considéré que la vie des citoyens valant plus que la vie d’un «délinquant» sa libération a été justifiée et qu’il était solidaire.

Dans mon message précédent sur le sujet j’avais cru qu’il n’y avait pas eu de morts mais ce n’est pas le cas. Il y aurait eu huit morts ! Et les faits  restent totalement troubles. Il est évident que la riposte a été organisée, que la ville a été bloquée et aussitôt la libération intervenue, tout est rentré dans l’ordre.

Bref, la preuve est faite, AMLO n’a aucune stratégie face au Crime organisé qui n’a rien à voir avec de la délinquance mais tout à avoir avec l’instauration d’un pouvoir politique !

Sur La Jornada les éditorialistes incitent à regarder ailleurs et donc témoignent de la solidarité de Trump envers AMLO.

el chapito

Pourquoi nous sommes tous concernés ?

Chavez a pensé qu’il suffisait d’instaurer des politiques sociales pour marginaliser le crime organisé en prenant le mal à la racine. J’ai pu penser de même mais le résultat fut sans appel : l’argent «facile» reste pour beaucoup de jeunes plus enthousiasmant que le travail, même mieux payé ! Or la situation du Venezuela était moins dramatique sur ce point que celle du Mexique.

AMLO a pris des mesures dans le même sens mais elles ne pèsent rien face non seulement à la force militaire des truands (la preuve vient d’être faite) mais aussi face au soutien populaire qu’ils reçoivent. Les chansons (corridos) à la gloire du Chapito ont fleuri aussitôt la libération du «héros» ayant été obtenue.

AMLO a pensé que face à l’échec de la méthode forte de ses prédécesseurs il fallait baisser la tension pour des actions plus douces (voire par des pactes avec les truands). Echec encore une fois. Des citoyens prônant la création de milices populaires ne sont pas entendus et ils vont donc s’effacer pour ne pas mourir.

AMLO

Le hasard du calendrier fait qu’au même moment, le parti d’AMLO tente de se structurer sérieusement par des réunions dans les districts du pays. Le bilan est aussi désastreux qu’à Culiacán. Sur 122 réunions seulement 16 se réalisèrent normalement. Dans les autres, à côté de troubles moindres 27 furent lieux d’irrégularités extrêmes : présence de non encartés, vols d’urnes, de cellulaires, affrontements physiques. Face à cette situation la direction du parti qui prépare le Congrès a déclaré l’état d’urgence.

Ajoutons que le pays va fêter les 500 ans du début de la colonisation, or le système politique mexicain continue d’être semi-colonial pour les peuples indigènes du pays. Les luttes au Chiapas où les zapatistes tentent toujours de se défendre, la lutte de San Luis Tlaxialtemalco le démontrent. J-P Damaggio

P.S. Les illustrations font le tour pluraliste de la question.

D'abord la Une de La Jornada d'aujourd'hui. Puis un montage d'un facebook d'indigènes révoltés qui montrent la garde nationale poursuivant leurs amis et congelée devant les narcos. Le même site montrent El Chapito en président. Et enfin un dessin de la Jornada qui montrent que AMLO perd des soutiens.