Aujourd’hui en allant chez mon imprimeur à Toulouse chercher une publication j’ai repensé à une anecdote qui mérite d’être conté. Généralement les tirages sont réduits mais une fois, pour une association le tirage fut tel que la facture faisait presque 6000 euros HT (je donne le chiffre rond). Puis j’ai reçu la facture avec un taux de TVA à 20% que j’ai renvoyé aussitôt puisque pour les livres le taux est seulement de 5,5% et donc ensuite j’ai eu le bon résultat :

Facture avec TVA à 20 % : 6000 + 1200 = 7200

Facture avec TVA à 5,5% : 6000 +330 = 6330

Le lecteur mesure la différence.

Précisons que celui qui achète le livre paie indirectement cette TVA, plus celle de l’éditeur quand il paie la TVA, plus celle du transporteur, plus celle du libraire. Car au bout du compte c’est toujours l’acheteur final qui paie la TVA puisqu'à chaque moment elle est reportée sur le produit..

A Angeville la mairie a investi dans un projet de 600 000 euros. Là comme ailleurs j’aimerais qu’un petit malin face le comparatif entre le montant de la subvention donnée par l’Etat, et le montant de la TVA reçu par l’Etat suite aux travaux, si vous voyez ce que je veux dire… Comme il est rare que la subvention de l'Etat soit plus de 20%... Par contre les autres collectivités subventionnent sans rien recevoir en échange.

 Il y a un an des personnes se sont soulevées contre une taxe de plus, et à gauche ce fut regardé d’un mauvais œil car l’ADN de la gauche ce n’est pas de contester l’impôt mais sa répartition. Sauf qu’avec une taxe si je peux seulement dire que celui qui achète une voiture à 10 000 euros paiera moins que celui qui l’achète à 100 000 euros, ce n’est pas un jeu possible sur la répartition.

Bref, c’est un lieu commun, une politique fiscale est le pilier d’une société.

Voilà comment aux USA les livres sont très chers (jamais moins de 40 euros) mais il y a depuis longtemps un réseau de bibliothèques publiques performant.

Voilà comment au Venezuela même une grosse voiture faisait le plein avec 1 euro encore en 2006. Oui, vous lisez bien un euro. Taxer le carburant n’est pas dans l’ADN de ces pays là d’où ensuite la faiblesse de l’Etat. Beaucoup d’actions sociales étaient confiées à l’entreprise pétrolière nationalisée mais que Chavez a été obligé de renationaliser vu la corruption. Et quand les recettes du pétrole ont chuté…

La France a pu développer les taxes à partir des années 60 quand le développement économique permettait une amélioration du pouvoir d’achat. Les taxes passaient sans trop se faire voir.

Mais de telles anecdotes n’auraient aucun intérêt sauf à rappeler des banalités, si notre pays n’était en train de traverser une mutation avec des «sociétés financières de projet».

C’est notre combat contre la LGV qui nous a permis de découvrir cette nouveauté qui n’intéresse personne ! Or suivaient bien ma démonstration.

1-Les fanas de la LGV n’ont pas de finances donc ils proposent la création de sociétés financières de projet.

2-Il s’agit d’autoriser les Régions à les créer pour obtenir des financements en ayant l’autorisation de créer des taxes nouvelles à condition qu’elles financent le projet.

3-Dans un premier temps le gouvernement est contre pour une raison très simple : depuis longtemps les gouvernements veulent être les maîtres de la récolte de l’impôt d’où la disparation de la taxe professionnelle, puis la disparition de la taxe d’habitation en cours. Ensuite le gouvernement dit reverser des compensations à la base. Avec les sociétés de projet voilà que des financements échapperaient au pouvoir.

4-Le gouvernement fait volte face en quatre mois et subitement il devient favorable à la proposition d’un sénateur… du PS ! Pourquoi cette volte-face spectaculaire ? Car entre temps il y a eu l’analyse du mouvement des gilets jaunes. Autoriser des régions à créer des taxes nouvelles aurait deux mérites :

-         De telles taxes seraient moins visibles vu que les grands médias s’intéressent peu aux particularités locales (pour preuve qu’il existe pour le moment une seule société de projet pour la construction du Grand Paris et personne n’en parle).

-         Et si les citoyens sont mécontents qu’ils se tournent contre les régions !

Cependant dans la loi le pouvoir central se réserve le droit d’autoriser telle ou telle société de projet.

Voilà une petite mesure passée par un amendement dans la loi LOM toujours en discussion, d’un sénateur socialiste au service de ses amis socialistes dirigeants les régions de Nouvelle Aquitaine et Occitanie, qui change radicalement les principes de la fiscalité du pays, dans le plus grand silence !

Mais peut-être que dans vingt ans, comme ça a été le cas pour le PPP venu des Amériques, on dira que c’est une idiotie, pour mieux passer à un autre système fiscal au bénéfice des puissants de ce monde.

J-P Damaggio

P.S. J'ai déjà évoqué la question ICI. et ICI