Un montage photo surt les gilets jaunes en Tarn-et-Garonne

https://www.youtube.com/watch?v=msPbBwv3PXU&fbclid=IwAR2mfWE4VIpgySQDzUScki0cCKcnPHYOym8OP1_x1agRgY-oGaQ5IUabOBE

 

Ce matin pour trois minutes, Radio Totem vient de m’interroger au sujet du bilan des Gilets jaunes.

J’ai beaucoup écrit sur le sujet, en direct, pendant quatre mois et j’ai réalisé deux livres : un en version papier (tome 1) et l’autre en version internet (tome 2).

Mais un an après que dire ?

1 ) Qu’a gagné le mouvement ?

Il faut se souvenir qu’en septembre 2018 le mouvement social était au plus bas après la défaite des cheminots suite à leur longue grève perlée. Il semblait qu’après ce bras de fer plus rien ne pouvait arrêter Macron. Or surprise un mouvement spontané va en deux semaines obliger le pouvoir à reculer. Un petit pas en arrière qui a changé le rapport de force global.

Au départ le pouvoir a cru qu’il s’agissait d’un mouvement folklorique sans lendemain vu qu’il était sans organisation. A partir du 5 décembre, changement de stratégie avec mise en place d’une carotte et d’un gros bâton. La répression des gilets jaunes est devenue une obsession pour plusieurs raisons :

-les actions se produisaient en dehors des règles et il fallait remettre tout le monde sur les rails

-les actions pouvaient faire tâche d’huile

La violence de la police d’un côté, celle des black blocs de l’autre ont changé un mouvement pacifique en mouvement violent.

La lutte des ronds-points, décentralisée, populaire s’est changé en manifestations parisiennes pour réduite un mouvement majoritaire en mouvement d’extrémistes.

2 ) Le mouvement peut-il renaître ?

Historiquement nous avons le mouvement social aux explosions toujours éphémères et le mouvement politique toujours programmé pour durer. Le surgissement des gilets jaunes était plus que tout autre destiné à s’estomper. Pourtant il a duré longtemps. Pour le Front populaire certains pensent que c’est le PCF qui a sifflé la fin de la récréation or toute grève est destiné à s’arrêter ! Même une grève reconductible ! Inversement, tout pays a besoin en permanence d’un gouvernement. Le syndicalisme en s’institutionnalisant pour mieux continuer, a du mal à garder vivante les étincelles qui seules peuvent mettre le feu aux poudres.

Après 68 beaucoup espéraient son retour et même si les années 70 furent marquées par l’élan donné (aussi bien d’ailleurs du côté du pouvoir que du côté de son opposition) 68 est resté au placard.

Le mouvement renaîtra mais sous une autre forme et beaucoup pensent alors au 5 décembre. Sauf que le 5 décembre c’est un retour à la case, mouvement classique. Si les gilets jaunes avaient au départ une revendication claire (la mort de taxe carbone qui a été obtenue) la révolte était plus globale. La défense des retraites qui en effet peu fédérer tout le monde reste catégorielle. Comment faire comprendre que le développement de la retraite peu pousser vers une diminution du temps de travail. Une telle diminution devant entraîner une autre répartition des retraites. Car au bout du chemin la même question : qui paie ?

3 ) La diversité et l’unité

Tout nous pousse vers l’atomisation or avec les gilets jaunes le besoin de solidarité est revenu très fort. Dans le calcul des gains et des pertes il ne faut pas tomber dans le panneau classique qui compte tout en euros. Les ronds-points ont montré aussi le besoin de rencontres inhabituelles. Pour moi, dans cette lutte l’aspect le plus génial a tenu en ce geste qui fait que sur le référent commun (le gilet jaune) chacun inscrit sa propre revendication. Il ne s’agissait pas d’une floraison de drapeaux syndicaux ou de partis, mais de cette expression de la diversité dans l’unité d’un cortège. C’est le point crucial sur lequel échoppe tout mouvement : il est celui de chapelles (car les syndicats sont devenus des chapelles) plus que celui d’individus mobilisés. Chaque syndicat a en vue, lui aussi, l’élection prochaine signe de sa représentativité. J-P Damaggio