Kame_Daoud_en_2017

kamel Daoud

Dans ce très long entretien donné au Nouvel Observateur Kamel Daoud fait le point. A l’adresse de ceux qui lui firent la leçon suite à son article au sujet de Cologne :

« Je n'ai pas aimé non plus qu'on me somme de prendre famille idéologique dans la cartographie intellectuelle de l'Occident. »

 Et le point sur la démocratie : « Croire que les démocraties chez vous sont stables et définitives, c'est vraiment vous bercer d'illusions. Pour avoir vécu 1990-1992 en Algérie, je sais que ce qui a été bâti en deux siècles peut disparaître en une semaine. Et ce n'est pas une métaphore. C'est pour ça que je le répète : regardez l'expérience algérienne et essayez d'en tirer profit.»

 Et face à la démocratie, l’intégrisme :

« Il y a un portrait universel de l'intégriste qu'on peut tracer en quelques signes cliniques :

1) le rapport toujours pathologique à la femme, refusée comme sujet et dont le désir est désamorcé par l'idée anoblie de la procréation;

2) le rapport maladif à l'histoire, qu'on n'imagine jamais comme futur mais comme restauration (du royaume, du califat ou de la souche) - il est d'ailleurs frappant que le mot salafiste ait à peu près le même sens que le mot souche -, tout le monde veut revenir à l'ancêtre ;

3) une adoration de l'uniforme, de l'effacement de la différence ;

4) une pathologie de l'altérité, l'autre étant construit comme l'ennemi venant d'ailleurs et chargé de tous les maux.

Et ça fonctionne de l'intégriste islamiste au partisan de l'extrême droite, puisque c'est la même maladie qui se décline. Je crois fondamentalement que l'intégrisme, religieux ou non, est avant tout une pathologie face au temps. L'intégrisme, à la limite, c'est un problème de conjugaison. »

 Et j’ai envie d’ajouter : des intégrismes qui se renvoient la balle et finissent par occuper tout le terrain ! Kamel Daoud toujours vivant. J-P Damaggio