Sans connaissance historique on est aveugle.

Les grands médias veulent nous rendre aveugle.

Donc les grands médias n’aiment pas la connaissance historique ?

 Erreur, il n’y a pas un grand mouvement social sans la quête d’une comparaison.

Les Gilets jaunes c’était des jacqueries, des poujadistes etc.

La tactique est ancienne : en 1851 les insurgés qui demandaient le maintien d’une constitution, c’était une jacquerie.

Aujourd’hui tout tourne autour de la comparaison 1995 et 2019.

Sauf que nous rendre aveugle ils font de 1995 une caricature !

Premièrement Juppé avait reculé mais seulement sur un point : le maintien pour le secteur public des avantages acquis mais la fin des mêmes avantages pour le privé.

En conséquence quand en 2003 Chirac a décidé d’aligner le public sur le privé il a réussi, sauf qu’il a pris la précaution de ne pas mettre les cheminots dans le même sac.

Le journal quotidien de cette grève est ici.

Deuxièmement : en 1995 l’alternative politique c’était la gauche et incontestablement la lutte de 1995 a incité au retour de l’union de la gauche (avec les Verts) sans pour autant remettre en cause la situation issue de 1995.

Troisièmement : en 1995 la seule question c’était le nombre d’années de cotisations. Aujourd’hui c’est une révolution avec la retraite par points.

 Ces trois points font qu’on est dans un contexte totalement différent surtout si on oublie les luttes considérables de 2003 parmi les enseignants et qui malgré l’inventivité d’une mobilisation qui dépassa largement le monde syndical classique furent un échec.

 Pour le dire autrement la situation sociale est bien pire qu’en 1995 (plus personne ne reprend la revendication d’alors à savoir 37,5 années d’annuités) et pourtant le pouvoir veut encore empirer le statut des retraités !  Le point commun qui obstrue la vue générale c’est la grève des cheminots.

Observons que les gilets jaunes sont passés par là. Cette fois plus question de grève perlée pour lutter contre la réforme de la SNCF mais retour à la grève reconductible. Les gilets jaunes ont redonné un peu de moral aux luttes sociales puisqu’ils furent les premiers à faire reculer d’une petit pas en arrière le président Macron mais d’un petit pas seulement. Mercredi Edouard Philippe va annoncer des concessions : peuvent-elles calmer les esprits ? J’en doute sauf ceux de la CFDT, mais ensuite le pouvoir va jouer le pourrissement.

D’ailleurs j’entends le discours classique : si on perd cette bataille alors le mouvement social sera K.O. Je l’ai entendu au moment de la grève de la SNCF au sujet du statut de l’entreprise. Et ensuite il y a eu les gilets jaunes.

Nous sommes dans un contexte global très différent de 1995 ce qui impose des nouveautés dans les actions à venir. Voilà comment l’histoire m’éclaire. JPD