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Le 10 novembre le président ayant démissionné, les nouvelles élections devaient constitutionnellement avoir lieu avant le 22 janvier. Mais pour ce faire, la date étant fixée par le Tribunal Constitutionnel, ce Tribunal ayant été accusée de fraude, il a fallu que l’assemblée nationale en nomme un autre, ce qui est fait et il a dix jours pour fixer la nouvelle date sans doute autour de début mars. Sénateurs et députés ont donc décidés de s’accorder un mandat supplémentaire jusqu’à la dite élection.

Dans ce contexte l’idée que l’affrontement opposerait fascistes et partisans de Morales vole en éclat, chacun des deux camps étant de plus en plus divisés.

 Du côté du parti de Morales, le MAS, il existe trois tendances qui risquent la fracture. Lula, du Brésil, a spécifié qu’il soutenait Evo Morales mais qu’il regrettait fortement qu'il ait opté pour un  nouveau mandat illégal. Voici la réponse de Morales : "El cargo no se busca, el cargo te busca" pour dire que ce n’est pas lui qui a voulu être candidat mais qu’on le lui a demandé de tout côté.

Sauf que depuis une tendance du MAS qui l’accuse d’avoir été la cause de l’échec, observe que d’Argentine, Morales veut à nouveau tirer les ficelles ! Il a convoqué une réunion de sa propre tendance dans le MAS pour imposer les candidats de son choix.

Si bien qu’on assiste à ce paradoxe : Evo demande le déclenchement d’un mouvement populaire le 22 janvier car les élections devraient avoir lieu à ce moment là et que les députés et sénateurs ne doivent donc pas prolonger leur mandat, sauf que le MAS vient de reporter au 19 janvier la date de sa désignation de ses propres candidats aussi bien à la présidentielle qu’aux législatives et sénatoriales !

 Du côté de la droite et de l’extrême-droite, le front anti-Morales avait pu s’unifier derrière Carlos Mesa mais ce dernier est devenu discret face aux divisions qui se mettent en place avec la promotion de l’homme d’extrême-droite : Camacho.

 Je donne ici du côté du MAS l’opinion de la présidente du Sénat qui semble sortir de l’ombre après que trois hommes aient été mis en avant pour la présidentielle. Elle tente une position unitaire dont je doute qu’elle arrive au bout.

 « La présidente de la Chambre des sénateurs, Eva Copa, a déclaré lundi que les divergences internes au sein de son parti, le Mouvement pour le socialisme (MAS), n'affectent pas l'unité et elle a projeté pour janvier l'élection d'un binôme électoral de consensus vers les élections de 2020.

"Nulle part nous pouvons tous penser de la même façon, nous avons parfois des positions différentes, mais cela ne nous éloigne pas de l'objectif d'arriver avec un seul binôme aux élections", a-t-elle déclaré lors d'un entretien avec le réseau Unitel.

Dans ce contexte, elle a indiqué que, conformément aux dispositions de ce dimanche lors de la réunion des dirigeants du MAS avec le chef national du parti, l'ancien président Evo Morales, les directions régionales avanceront dans le processus d'élection des candidats, dont les noms seront repris ultérieurement à la réunion nationale qui définira le binôme.

Hier, à Buenos Aires, la réunion du MAS a fixé au 19 janvier l'élection de son binôme, dans une rencontre qui se tiendra dans ce pays. Il a également décidé de mener une «mobilisation de masse» en Bolivie le 22 janvier, date à laquelle se termine la période constitutionnelle de démission de Morales le 10 novembre.

Eva Copa a déclaré que, bien que certains dirigeants n'aient pas assisté à la réunion en Argentine, cela n'implique pas une fracture au sein de leur parti.

«Je pense que le président Evo est sur le point de pouvoir saisir des idées des absents et d’analyser les propositions qui ont été faites. Et il est clair dans son discours d'hier que les binômes seront choisis d'ici [en Argentine]. Nous prendrons les listes, le cas échéant, par les départements et élus de leurs bases, et ce sera là que notre commission passera en revue les listes que nous enverrons », a-t-elle déclaré. Interrogée sur la possibilité de sa nomination comme candidate, elle a répondu qu'il s'agit d'une détermination des bases et qu'elle se conformera à ce qu'elles déterminent. (30/12/2019) »

Je doute que le MAS puisse éviter la scission quand deux des secteurs combattifs, la ville d'El Alto et la COB rejettent toute idée de désignation des candidats en Argentine. J-P Damaggio