solomiac

Après ma présentation d’éléments sur le chemin de fer qui passe à Cordes Tolosannes un débat sympathique s’est engagé.

1 ) Et d’abord sur la mort actuelle de la ligne.

Sur la commune de Cordes Tolosannes on y découvre que la ligne est barrée à toute circulation des trains, or en 2012, 3,8 millions d’euros ont été investis pour sa rénovation ! (1,6 millions venant de l’Etat). En 2012 plusieurs objectifs concernaient cette ligne en plus des activités classiques sur le transport des céréales : le dépôt d’essence de Caillau, une éventuelle base travaux pour le projet LGV, et hors débat un voisin de la ligne m’indiqua aussi qu’il y avait des objectifs de gaz de schiste dans le secteur de Beaumont. Autant d’objectifs sans suite : le dépôt d’essence est fortement réduit (après pourtant une rénovation), la base travaux est projetée sur la zone logistique de Montbartier, et le gaz de schiste est oublié. Concernant les céréales elles partiraient plus vers l’Espagne que vers la ligne Bordeaux-Sète. Bref la ligne ne servirait plus à rien ?

Une personne évoque un éventuel retour des voyageurs et en effet l’hypothèse a été émise par le Conseil régional. En fait si un débat public s’engageait ça serait déjà un effort précieux, car avant cette réunion je doutais encore de la mort de cette ligne. Un voisin de la ligne a confirmé que depuis des années aucun train ne circule. Il y a eu une grande évolution du côté des camions (confort, puissance, réduction de la consommation, augmentation du tonnage jusqu’à 40 tonnes) mais aucune recherche d’évolution du côté de la SNCF !

2 ) le rapport fret/voyageurs

La ligne est un monument qui peut en effet recevoir des trains de fret et ce fut sa première vocation. Quelle évolution du côté des voyageurs ? Un présent rappelle qu’autour des années 30 il y avait plusieurs wagons pour les voyageurs en particulier pour les scolaires. Mais en même temps d’autres personnes évoquent l’apparition des bus au même moment.

Elle a été fermée au trafic voyageur le 22 mai 1937 mais peut-être est-ce seulement une décision entrée dans la vie en 1939. Dans l’étude de la ligne manque la version de l’étude de son exploitation.

3 ) La ligne et l’évolution des cultures.

Il a été rappelé le lien entre le chemin de fer et le succès des apparitions de la vierge à Lourdes. Sans la présence du train les apparitions auraient peut-être eu moins de succès quant au pèlerinage. Il est évident que dans les zones de viticulture ce n’est pas le train qui a poussé à la viticulture (elle était antérieure à l’arrivée du train) mais le train ne pouvait qu’inciter aux productions «d’exportation». Qu’en est-il dans la vallée de la Gimone ?

Dans le chapitre évolution de la commune qui est passée de 800 habitants en 1820 à 450 en 1911 puis à 250 en 1990 l’apparition de la voie ferrée n’a pas été un facteur de développement dans les régions agricoles. Au contraire elle a d’un côté accéléré l’exode rural et de l’autre assuré le développement des zones industrielles.

3 ) L’impact de la nationalisation en 1937.

J’avais rappelé le nom du gagnant de l’affaire à savoir la Compagnie ferroviaire du midi et du canal latéral qui a été nationalisée au moment où elle abandonne le service aux voyageurs. A partir de ce cas concret, j’ai envie d’étudier les effets de la nationalisation demandée depuis longtemps par les cheminots mais semble-t-il bien apprécié par les compagnies ferroviaires.

4 ) L’exposition

Le public a pu observer les imposants documents exposés et qui furent à l’origine de la soirée. Ceux de M. Santellani ajoutés à ceux de l’ASPC, apportaient un témoignage concret de la vie en 1900. Comme beaucoup j’ai été impressionné par le long document sur une étude pour la ligne qui n’a jamais été réalisé dans le Gers. (d'où l'image de la gare imaginée à Solomiac)

 5) La cerise sur le gâteau

Un ami a rappelé qu’encore pendant les années 60 un conducteur était heureux de rendre service aux jeunes qui allaient au lycée technique de Beaumont. Dans sa locomotive il acceptait de rendre service en faisant monter des jeunes heureux de cette opération. Il s’appelait Marius ce conducteur du train qui à la gare de Belle perche savait prendre le temps d’aller boire un bon verre de vin. Et dans la salle plusieurs personnes avaient de choses à dire sur Marius. C’était le type de témoignage que s’espérait. Loin des papiers d’archives, loin des analyses et des constats tristes, le cas de Marius amenait un peu d’humanité sur la ligne… et dans la réunion. Quelque chose qui n’existe que dans la mémoire populaire ! Et peut-être qu’une photo de Marius sortira de l’ombre après une rencontre qui donne envie de partager les souvenirs.

Pas question de dire «c’était mieux avant» mais de retrouver une vie d’avant chargée de sens.

6 ) Bravo à l’association

A la fin j’ai distribué le document concernant une société de chorale de Lafitte. C’était un clin d’œil à l’association organisatrice, Lire à Cordes, qui a préparé la rencontre techniquement et aussi sur le plan de la convivialité. A médiathèque est très belle à Cordes et mérite l’attention et l’aide de chacun pour accroître son rayonnement. Jean-Paul Damaggio