Gavin Bowd

Nouvel_Observateur_8_septembre_2016

J'arrive souvent en retard mais il vaut mieux tard que jamais. Dans la présentation officielle, ci-dessous, du livre de Gavin Bowd, pourquoi pas un mot sur le fait qu'il est la traducteur et l'ami de Michel Houllebecq ? 

La présentation du Nouvel Obs est totalement surprenante sur cette question. Je laisse le lecteur juge. Jean-Paul Damaggio

Présentation du livre

"Comment faire vivre un amour franco-britannique? Comment résister à la fin d'une civilisation ? Voilà deux questions, inextricablement liées, qui taraudent l'esprit d'un Écossais fatalement épris de la France, pays dit des Lumières universalistes.

Dès son adolescence d'une difficulté exaltante dans les années 80, sur fond de deuxième Guerre froide et de Dame de Fer, l'auteur se débat avec ses démons staliniens et une fascination croissante pour un pays : celui du rêve et du romantisme (et de l'amour et du sexe). Dans ce récit de voyage intime, littéraire et politique, entre Royaume désuni et France déchirée, en passant par un bloc soviétique en pleine décomposition, on croise des

Houelle

épisodes et des personnages " symptomatiques " : individus dits " ordinaires ", hommes et femmes politiques, intellectuels d'envergure, dont Michel Houellebecq, qui, en tant que muse, collaborateur et objet d'étude et de traduction, l'accompagnera sur ce chemin de calvaire.

De Fêtes de l'Humanité en tours des ruines post-communistes en atrocités islamistes, ce Candide écossais se heurte aux bouleversements de son réel. Rien n'arrêtera plus sa promenade vers la porte de Brandebourg. La Haçienda, boîte de nuit célébrissime d'inspiration situationniste à Manchester, se voit convertie en appartements de luxe. Le siège à la Place Colonel Fabien accueille des défilés de Prada. À Bobigny, la cité Karl Marx tombe sous des bulldozers frappés du slogan " Avenir, déconstruction ". Entre-temps, ces deux pays conservent leurs petits côtés d'utopie : les jeunes Français se ruent vers la Tamise ; les vieux Britanniques se jettent sur le Bergerac. Et le seul Albert Camus que nous méritons, c'est à dire Houellebecq, sous l'emprise d'une fée verte, évoque une guerre civile pour éliminer l'islam de France. Ce qui commence à se dessiner. En outre, son pays joue avec le Brexit et la fin de sa propre existence.

Dans ces Mémoires d'Outre-France, notre auteur, un Chateaubriand bolchevique et britannique, nous semble nostalgique. De sa jeunesse perdue ? Du communisme ? De deux pays au bord de la disparition ?"