chauzy

Je reprends ici un article que j'ai mis sur le blog Les Grandes VanitésJean-Louis Chauzy, est président d'Eurosud Team ainsi que du Conseil Economique, Social et Environnemental d'Occitanie. Payé avec l'argent public, il défend les intérêts privés et peut être fier d'avoir assuré la promotion d'une nouveauté dont on entendra parler en lieu et place du fameux PPP, la société financière de projet (SFP). Il témoigne surtout de la servilité du journaliste. Mes questions subsidiaires font référence aux luttes passées. Oui le PPP est mort, Oui les tribunaux invoquent un modèle de financement mort pour jusitfier la LGV, Oui la SFP est une entreprise permettant la fabrication de taxes régionales,  Oui les géants du BTP sont prêts à tout avec... l'argent public. JPD

 Article repris :

Nicolas Coulaud pour l’Opinion indépendante vient d’interroger Jean-Louis Chauzy. Je n’ai pas de conseils à donner à ce journaliste mais il aurait pu commencer par le début. « M. Chauzy les opposants à la LGV Tours-Bordeaux ont dénoncé un modèle de financement dont vous semblez oublier l’existence : le Partenariat Public Privé (PPP). Avaient-ils raison ? »

Après ce point de chronologie passons au suivant :

« M. Chauzy, vous en conviendrez le montage financier initial du GPSO qui remontait à plusieurs années et qui n’a pas été opérant,  ne correspond plus aux réalités du projet. Pourquoi les tribunaux ne sont pas au courant ?

Il y a une question plutôt ridicule : Le financement conditionne-t-il votre calendrier de réalisation ?

Mais bien sûr qu’un projet à dix milliards est conditionné par le modèle de financement… donc soyons plus sérieux.

« M. Chauzy en grand défenseur du modèle du Grand Paris pouvez-vous nous dire le montant de la taxe payée par les habitants qui le lisent avec enthousiasme sur leur feuille d’impôts locaux ? »

Et enfin le calendrier général devenu plus réaliste que dans des déclarations tonitruantes précédentes :

«M. Chauzy, au printemps 2022 l’ordonnance du gouvernement sur la société financière de projet ? Parce que le gouvernement aura le temps au moment de la présidentielle de signer une telle ordonnance ? »

Et surtout, surtout j’aurais demandé à Chauzy : «Vous agissez avec notamment avec Bruno Cavagné (président de la Fédération Nationale des Travaux Publics, NDLR) que j’ai eu le plaisir d’entendre une fois dans un bel hôtel toulousain expliquer qu’il était prêt à tout construire : LGV Toulouse-Bordeaux, LGV Toulouse-Narbonne, LGV Montpellier-Perpignan, LGV Bordeaux-Hendaye. Cet homme a-t-il le souci de l’intérêt général ? »

 Article de L’Opinion indépendante

Le modèle de financement de ligne à Grande Vitesse Bordeaux-Toulouse, estimé à 7 milliards d'euros, est désormais inscrit dans la loi. Entretien avec Jean-Louis Chauzy, président d'Eurosud Team ainsi que du Conseil Economique, Social et Environnemental d'Occitanie.

La Loi d'Orientation des Mobilités, votée fin décembre, constitue-telle une avancée notable pour le projet de LGV Bordeaux-Toulouse ?

Absolument. C'est même une étape fondamentale. Cette Loi d'Orientation des Mobilités, promulguée le 24 décembre dernier, est l'aboutissement d'un long travail collectif conduit maintenant depuis quatre ans, mené notamment avec Bruno Cavagné (président de la Fédération Nationale des Travaux Publics, NDLR), pour convaincre l'Etat de valider notre projet, et de décliner le modèle de la Société du Grand Paris dans les territoires afin d'accélérer les calendriers de réalisation. Nous avons gagné l'arbitrage de l'Etat qui, par amendement gouvernemental, permet dorénavant la création d'une société de projet pour les investissements de mobilité supérieurs à 1 milliards d'euros. C'est donc une avancée pour la LGV Bordeaux-Toulouse mais aussi pour d'autres projets, tel que celui de la Ligne-Nouvelle Montpellier-Perpignan. C'est un fait nouveau qui ne peut se comparer à rien d'autre. C'est la première fois qu'une loi inclut un modèle de financement.

 

La duplication du modèle de la Société du Grand Pans va notamment permettre des emprunts de très long terme, comme ce qui avait été fait pour la réalisation du métro parisien...

Il m'a toujours paru normal qu'une infrastructure de très long terme puisse être financée sur le très long terme. Le nouveau modèle financier proposé dans la loi LOM sur les sociétés de projet va permettre d'accélérer le calendrier des travaux avec l'attribution de recettes dédiées, affectées aux projets, et le recours à l'emprunt de très long terme. Le problème depuis de trop longues années, c'est de ne pas avoir sécurisé un mode de financement des infrastructures malgré la création d'une agence dédiée : l'Agence des infrastructures de transports de France (AFITF), régulièrement privée des recettes nécessaires, c'est-à-dire les recettes des péages qui ont été privatisés en 2006 et l'écotaxe abandonnée en 2014. Dès maintenant, les collectivités d'Occitanie doivent donc se mettre en action car ces sociétés de projet vont inclure la possibilité de collecter localement des ressources (nouvelle répartition de la TICPE, taxe sur les bureaux, etc ...). Ces ressources qui pourraient représenter jusqu'à 60% du budget total permettront de financer des emprunts de long terme. Un autre point concernera les crédits européens car le budget de la commission européenne, qui a en charge les interconnexions entre les grandes métropoles, représente une enveloppe de 40 milliards d'euros sur six ans Nous devons en négocier une part. Il y aura enfin l'argent que l'Etat mettra sur la table.

Le financement conditionne-t-il votre calendrier de réalisation ?

Pour mettre Toulouse à quatre heures de Paris, il nous faut 7 milliards d'euros. La société de projet que nous appelons de nos vœux doit être créée avant le printemps 2022 par ordonnance du gouvernement. Mais d'ores et déjà quatre points de vigilance sont à tenir. Nous devons être vigilants sur les ressources qui ne peuvent être fléchées sur d'autres projets. Il faut que chaque projet ait sa société de portage. La démarche doit être une démarche globale et homogène entre les deux régions. Enfin, il nous faut aller vite. Nous avons deux ans pour créer la société de projet. Dans l'année qui suivra nous pourrons lancer les appels d'offres pour les travaux. Ensuite il faudra compter environ cinq ans pour leur réalisation. Une ouverture de LGV Bordeaux-Toulouse est possible pour 2029.

Le modèle de la «grande vitesse» a pourtant été remis en cause ces dernières années, par la Cour des comptes, mais aussi et surtout à l'Élysée, au ministère des Transports et à la SNCF

La «pause» sur les grands projets de l'été 2017 a été un coup très dur c'est vrai. Mais il ne faut pas oublier que les schémas nationaux des infrastructures mentionnent depuis 1992 les LGV Montpellier-Perpignan, Bordeaux-Toulouse et les interconnexions vers l'Espagne. Il nous faut aussi reconnaitre que le montage financier initial du GPSO remontait à plusieurs années en arrière et n'avait pas été actualisé. Il ne correspondait plus aux réalités du projet. C'est pour cela que nous avions organisé aux côtés de la Région une mobilisation sans précédent des forces socio-économiques en faveur de ces deux projets. Par ailleurs rappelons enfin que la LGV Bordeaux-Toulouse est le seul projet sur lequel le candidat Emmanuel Macron s'était engagé par une déclaration de presse le 21 mars 2017.

Propos recueillis par Nicolas Coulaud