Clémentine Autain

La Dépêche du Midi, dans la version, internet pour les abonnés, a pu interroger Clémentine Autain avec les questions clefs. Je titre Clémentine Autain avec JLM mais ce n’est pas dit aussi clairement car Clémentine Autain doit penser à ses autres amis. Je vous laisse lire les réponses alambiquées en pointant seulement un élément : «Il ne faut pas oublier qu’avec la présidentielle se jouent les législatives.». Son souci consiste à savoir qui soutenir, pour mieux gagner les législatives. Et quant à la laïcité, il n'existe que les musulmans, pas les islamistes. Comme toujours elle est très adroite. Je lis : "S’il faut être au clair sur la laïcité, que l’on commence par remettre en cause le Concordat qui prévaut encore dans certains territoires de la République."  Oui c'est bien je suis d'accord. Je lis : "Comme d’ailleurs il [le gouvernement] ne balaie pas devant sa propre porte sur ses responsabilités géopolitiques, pourtant décisives pour lutter contre le terrorisme islamiste qui est planétaire." Une référencde aux liens avec l'Arabie Saoudite. Oui, c'est bien je suis d'accord. Mais sur le reste... J-P Damaggio

P.S. Le même numéro du journal, dans la partie Tarn-et-Garonne reprend les propos du conseil régional apparenté PCF, Serge Regourd, qui dénonce la candidature Mélenchon sur son Facebook. Il sera fortement soutenu par des centaines de commentaires sauf qu'à mes yeux les reproches ne portent pas sur l'essentiel. D'un côté Mélenchon se présente comme le candidat de l'Avenir en Commun et de l'autre Clémentine Autain indique que le programme va faire l'objet de dicussions. Prenons un exemple : Quatennes invite Montebourg a rejoindre Mélenchon sauf que dans l'Avenir en commun il y a refus du nucléaire alors que Montebourg est le champion de la défense du nucléaire...

  La Dépêche du Midi 22 novembre

 

Nous profitons de cet entretien pour vous poser aussi la question politique du moment au sein de La France Insoumise, quel regard portez-vous sur la candidature de Jean-Luc Mélenchon ?

L’enjeu, c’est de déjouer le duo Macron/Le Pen. Pour cela, ma conviction est qu’il faut à la fois un projet politique porteur de changement en profondeur et du rassemblement. La candidature de Jean-Luc Mélenchon est un fait politique. Elle a de la légitimité. Son nom est en tête auprès des électeurs de gauche dans tous les sondages réalisés. Il peut aussi compter sur une équipe énergique et déterminée qui a par exemple fait la démonstration de ses capacités de conviction et de travail à l’Assemblée Nationale. Mélenchon a enfin pour lui l’expérience de ses deux premières candidatures. Pour passer le cap du second tour et gagner, la marche est haute. Les gauches et les écologistes sont aujourd’hui dans un état de faiblesse. Il faut donc enclencher une dynamique populaire en ouvrant une perspective de progrès humain et de justice, une espérance, loin de la résignation ambiante. Pour ce faire, je rappellerais que, depuis 2005, Jean-Luc Mélenchon a affirmé avec constance une orientation en rupture avec le néolibéralisme et la monarchie présidentielle, en portant le projet de VIe République, puis a affirmé la nécessité de la transition écologiste.

 S’il part seul de son côté et que d’autres à gauche, ou chez les écologistes, en font de même, vous savez que cela ne sera pas suffisant ?

Oui, il faut rassembler, c’est la seule issue pour gagner. C’est pourquoi ce serait une folie de ne pas prendre au sérieux la proposition de Jean-Luc Mélenchon de discuter du programme et de celle de la LFI de mettre en place un espace politique ouvert pour mener la campagne. Cette idée de rassemblement, je la défends depuis longtemps et je continuerai à œuvrer pour abattre les murs au sein des gauches et des écologistes.

 Avec votre « Big Bang » de 2019, on pensait même que vous aviez des velléités personnelles ?

Je n’étais pas seule puisque c’était une initiative impulsée avec ma collègue communiste et amie Elsa Faucillon et rassemblant des personnalités de différentes sensibilités politiques et du mouvement social, culturel, intellectuel. L’objectif était de rassembler sur un contenu de transformation radicale de la société. La candidature de Jean-Luc Mélenchon est aujourd’hui un fait politique. Peut-il rassembler largement ? C’est une question majeure pour nous hisser au plus haut. Certes le chemin est ténu mais aujourd’hui rien n’est figé, tout est ouvert, en dynamique. Il ne faut pas oublier qu’avec la présidentielle se jouent les législatives. C’est une échéance importante pour donner à voir la diversité et permettre à tout le monde de prendre sa part dans le rassemblement.

 Autre débat d'actualité, autour de la laïcité celui-là, après les événements douloureux que vient de vivre notre pays. A droite comme dans une partie de la gauche universaliste, LFI est souvent accusée d’islamo-gauchisme, parce qu’elle défendrait une laïcité d’apaisement, pouvez-vous préciser votre définition de la laïcité ?

C’est un principe fondateur pour notre République, quelque chose d’essentiel et qui permet d’éviter la guerre civile. L’équilibre trouvé en 1905 avec la loi de séparation des Eglises et de l’Etat est un bon équilibre, remis en cause par le projet de loi contre le séparatisme. Celui-ci ne me paraît pas de nature à unir les Français mais plutôt à ouvrir une boîte de Pandore de polémiques. Il y a derrière ce projet de loi le relent d’une guerre spécifique contre les musulmans. . S’il faut être au clair sur la laïcité, que l’on commence par remettre en cause le Concordat qui prévaut encore dans certains territoires de la République. Il ne doit pas y avoir une laïcité pour les uns et une autre pour les musulmans. Or ce projet de loi n’est pas juste puisqu’il cible une religion, mais, en prime, il peut être dangereux en donnant plus de prise aux discours fondamentalistes voire djihadistes qui s’appuient sur les discriminations et les propos haineux envers les arabo-musulmans pour convaincre. Je redoute l’arbitraire et la chasse aux musulmans. Les lois existentes sont des remparts contre le terrorisme. Ce qui fait défaut, ce sont bien souvent les moyens pour les mettre en œuvre. Mais de cela, le gouvernement ne fait rien. Comme d’ailleurs il ne balaie pas devant sa propre porte sur ses responsabilités géopolitiques, pourtant décisives pour lutter contre le terrorisme islamiste qui est planétaire.

Baptiste Gay