Fatiha Boudjahlhat est à Toulouse où elle se bat avec courage pour défendre ses idées. Avec des retours de bâtons inattendus ! A lire. J-P Damaggio

 Voici le message de France 3 Occitanie

Fatiha Boudjahlhat n'est pas une anonyme. Essayiste et femme politique, cette enseignante de 41 ans a l'habitude de défendre ses idées et ses valeurs, notamment sur les réseaux sociaux.

Le 2 novembre dernier, elle ne déroge pas à la règle. En ce jour de rentrée scolaire, tous les élèves de France doivent rendre hommage à Samuel Paty. Dans son établissement, le collège  Maurice Becane à Toulouse, Fatiha Boudjahlat, référente laïcité, apprend que certains élèves ont refusé de respecter la minute de silence pour l'enseignant assassiné.

Le tweet de la colère

L'enseignante publie alors un message sur facebook, doublé d'un tweet qui va provoquer la colère de certains enseignants. Elle y reproche à certains élèves "venant de l'étranger" de ne pas avoir respecté la minute de silence, ajoutant qu'ils doivent "comprendre qu'elles sont liées à nos valeurs". [5 sur 380 indique-t-elle]

"Je suis fille d'immigrés algériens. Je n'ai pas de misérabilisme concernant l'immigration.  Et je suis par ailleurs très attachée à la liberté d'expression. J'ai donc dit ce que je pensais, et je n'ai aucun mot à retirer", relate l'enseignante.

 

Une lettre ouverte diffusée sur les réseaux sociaux

Mais certains syndicats enseignants n'ont pas du tout la même interprétation des faits. Dans une lettre ouverte adressée au recteur de l'académie de Toulouse et au président du conseil départemental, Sud Éducation 31 et CGT Educ'Action 31 se sont en effet indignés de cette initiative et réclament une sanction à l'encontre de l'enseignante.

Ils reprochent notamment à cette "très médiatique enseignante d'un collège de Toulouse", de tenir des propos qui relèvent "d'une stigmatisation et d'une discrimination", et "distordent la réalité des faits". Selon eux, ils ne "respectent" pas non plus "l'obligation de discrétion professionnelle qui impose de ne pas utiliser publiquement des informations connues dans l'exercice de ses fonctions".

Une lettre ouverte diffusée à l'échelle nationale à tous les enseignants syndiqués et qui a atterri sur un site d'information anti-fasciste.

« Je ne me suis jamais sentie autant en danger. Les syndicats m'ont jeté en pâture sur la toile. Et c'est la même invective publique qui a coûté la vie à mon confère Samuel Paty.»

Dans ce contexte, l'enseignante toulousaine a décidé de demander la protection fonctionnelle de l'Education Nationale. Une protection symbolique, mais surtout juridique au cas où l'affaire soit portée devant un tribunal.

Reçue ce mardi au Rectorat à Toulouse, Fatiha Boudjahlat a reçu le soutien du Recteur qui lui a également accordé la protection fonctionnelle qu'elle demandait.

Quelques jours avant, le Ministre de l'Education Nationale Jean-Louis Blanquer avait lui aussi affiché publiquement son soutien à l'enseignante. 

Joint par la rédaction de France 3 Occitanie, les syndicats Sud Éducation 31 et CGT Educ'Action 31 n'ont pas souhaité faire de commentaires.