Pour les grands médias une bonne nouvelle n’est pas une nouvelle. Depuis toujours ils sont les vecteurs de la pédagogie de la catastrophe. Montrer le mal en espérant qu’il conduise au bien ? Montrer le mal pour susciter l'envie d'un sauveur ? 

Je l’ai souvent vérifié cette pédagogie est aussi au cœur de la stratégie des «révolutionnaires». Dans le mouvement syndical j’en entendu cent fois : "la réforme proposée signe la mort de l’école". Comme si les raisons de lutter ne résidaient pas dans l’analyse de la situation, mais dans la crainte d’un futur catastrophique !

Sur ce fond classique est venue se greffer non plus une pédagogie mais une généralisation de la catastrophe.

1 Catastrophe écologique vu le réchauffement climatique.

2 Catastrophe démocratique vu la montée des dictatures

3 Catastrophe sociale vu le développement de l’immigration

4 Catastrophe humaine vu la perte de la morale.

5 Et maintenant la catastrophe sanitaire

Autant de réalités indéniables mais de là à passer au discours de la catastrophe c’est aller un peu vite en besogne. Pourquoi ce discours est devenu quasi consensuel ? Car le système en place préfère qu’on discute de la fin de la société plutôt que de la fin du capitalisme. Car les opposants au système ont besoin de la catastrophe pour dire qu’il faut en finir avec le capitalisme. Voilà comment les deux discours s’épaulent avec des fins opposées.

Face à la catastrophe annoncée les révolutionnaires en appellent à l’urgence pour susciter la mobilisation. Dans le programme L’Avenir en commun, il y avait de bonnes choses (comme hier dans le Programme commun) mais je conteste la référence à la triple urgence (sociale, démocratique, écologique), d’autant que cinq ans après, les urgences sont toujours là et elles le seront encore là dans cinq ans ! Aussi pour rendre l'urgence urgente j'entends qu'après 2022 si Macron ou Le Pen gagnent ça sera le désert !

Prenons un exemple : la crise migratoire.

Du côté du système en place, l’immigration – phénomène permanent dans l’histoire humaine –va provoquer l’effondrement des pays riches (alors qu’elle permet à certains de s’enrichir en pesant sur les salaires).

Du côté des opposants au système, il existe les classiques contradictions :

-         Vive l’immigration qui apporte un plus, or, si c’est le cas, elle apporte un moins aux pays qui perdent leur forces vives !

-         Il faut aider les pays pauvres pour qu’ils se développement mais n’est-ce pas du néo-colonialisme !

Dans les faits, les révolutionnaires disent qu’en Europe c’est la catastrophe sauf que les immigrés risquent leur vie pour se jeter dans la catastrophe ! Est-ce que la catastrophe n’est pas chez eux ? il existe les classiques contradictions :

-         Ils se jettent dans la gueule du loup par ignorance, par inconséquence ou sous l’effet d’illusions diffusées par le système.

-         Il n'existe pas de hiérarchie dans la catastrophe : ce n’est pas parce que chez eux c’est la galère que chez nous c’est bien.

Dans ce contexte qu’elle est l’urgence ?

La transformation des médias qui le démontrent chaque jour : ils suscitent toujours plus de peur et s’en régalent ! La pandémie pourtant dramatique est nettement plus dramatique sur les écrans télé, que dans la réalité ! Aussi la catastrophe a sa science: la collapsologie ! J-P Damaggio