la politica

Le capitalisme globalisé ayant horreur de la politique, l’Espagne est victime, pour une part, des mêmes mots que la France : Partis réduits à des machines électorales, électeurs de plus ne plus absents, corruptions au coin de la rue, classe politique sourde aux désirs des citoyens…

Pourtant les deux régimes politiques sont bien différents. En France le rêve de proportionnelle aux législatives (elle existe dans les autres élections sauf les départementales), pour remobiliser les citoyens, fait face à une proportionnelle espagnole qui rend le pays ingouvernable.

Ni là-bas ni ici la récupération de la politique passera par des mesures techniques.

En Espagne il y a cependant eu une nouveauté : Podemos. Un mouvement qui, comme Mélenchon, a souvent changé son fusil d’épaule.

Podemos est né contre « la caste » s voulant un parti apte à diriger seul le pays vu que dans la « caste » était incluse toute la classe politique.

Des sondages firent de Podemos le premier parti de pays mais le PSOE a bien résisté, la droite aussi si bien que Podemos a accepté de s’unir avec Izquierda Unida (venu du PC) dans Unidad Podemos et finalement ce regroupement a accepté de participer à la gestion du pays dans un gouvernement dirigé par le PSOE.

En entrant dans une librairie d’Alcudia j’ai découvert le nouveau livre de Pablo Iglesias qui après avoir été le fondateur de Podemos, le vice président du conseil a décidé de quitter la politique pour revenir à ses fonctions premières, le journalisme à travers une chaîne Youtube hébergée par le quotidien Publico et qui s’appelle La base. Je reviendrai sur ce livre événement.

Je suis un lecteur quasi quotidien de Publico et de El Diario (un peu plus à gauche).

Mais être sur place, même seulement quinze jours, vous fait vivre sous la pression de l’Espagne et en conséquence sous celle de Pegasus cette machine à espionner qui a apporté sa dose de révélations.

1 – L’intervention de la Russie. La veille de la déclaration unilatérale d’indépendance de la Catalogne l’espionnage révèle que Puigdemont (l’auteur de la déclaration, qui vient d’abandonner la politique) a rencontré un émissaire russe prêt à apporter divers soutiens à l’opération indépendance. Preuve que les interventions russes dans les affaires internes de certains pays sont réelles.

2 – L’intervention là encore en Catalogne, de personnes qui firent capoter l’accord en vue pour la mairie de Barcelone entre le parti catalaniste ERC et Barcelone en Comun, au bénéfice de Barcelone en Comun qui grâce au vote de Manuel Valls et de ses trois amis a assuré la victoire d’Ada Colau de Barcelone en Comun au nom du refus de Valls de toute arrivé au pouvoir d’un catalaniste.

Ada Colau vient, par ailleurs d’être mise en examen pour avoir versé trop de subventions à des associations amies.

Au-delà du cas Pegassus qui jusqu’au 10 mai a apporté son lot quotidien d’informations (avec la démission obligée de la dirigeante de l’organisme gérant les surveillances, le CNI) la surprise est venue d’Andalousie.

Des élections régionales vont avoir lieu le 19 juin. Cette région fut le pilier du PSOE avec un président, Manuel Chaves González qui a été élu pour la première fois en 1990 puis réélu en 1994, 1996, 2000, 2004 et 2008 avant de céder sa place à José Antonio Griñán Martínez en avril 2009 à la suite de son entrée au gouvernement. Autant dire que ce pouvoir donna lieu à diverses corruptions. Izquierda Unida participa à de telles gestions. Le 5 septembre 2013, Susana Díaz devient la première femme à occuper la présidence du gouvernement andalou, elle a aussi dirigé le PSOE avant que Pedro Sanchez sur une ligne plus à gauche a pu la supplanter. En janvier 2019, Juan Manuel Moreno est le premier président membre du PP. Dans cette région Podemos a de grosses difficultés car une scission plus à gauche a divisé les forces et pour les prochaines élections, suite à une question technique ce parti a été exclu de la liste d’union des gauches.

Bilan : grâce à Podemos une loi travail a finalement été votée (d’une voix) qui rend le CDI prioritaire sur le CDD qui ne peut se répéter plusieurs fois. Mais la tendance est là : l’électorat de gauche se démobilise et l’expérience Podemos n’a pas apporté les espoirs attendus.

J-P Damaggio

andalucia

Adelante est la scission de Podemos. Unidas Podemos est finalement sans Podemos.