Voici le résumé de la présentation que j'ai faite à Castelsarrasin pour l'ASPC de la première partie du voyage dont je donne le tableau complezt de Moissac à Sète. JP Damaggio

MUSEE_DES_FAMILLES

Trestaillons

"Mary-Lafon (1810-1884) a écrit tant et plus, si bien qu’à la demande du journal Le Musée des Familles, il a inventé un voyage sur le canal entre Moissac et Toulouse où il se fait le guide de cinq personnes, un Anglais et sa fille, un religieux, un militaire et un agronome. Jean-Paul Damaggio qui a pu découvrir ce récit qui montre les divers centres d’intérêts de Mary-Lafon à travers ce qu’il dit de Castelsarrasin :

L’étymologie : « Ne croyez pas, milord, que ces tours, dont l’architecture massive vous étonne, soient œuvre des fils du prophète : ils y sont venus sans doute et ont dû bâtir quelque rebah à cette même place ou ailleurs ; mais le nom est chrétien, et le château existait avant que les turbans verts et les lances à banderoles d'Abd-el-Rhaman eussent apparu à nos pères.» J-P Damaggio rappelle que Louis Taupiac un peu après  ce texte va contester ce point.

La fête de Saint-Alpinien : « On attribue, en effet, à ce premier apôtre du christianisme en ce pays, le pouvoir de guérir les fous, et si vous étiez venu huit jours plus tard [le voyage débute le 24 avril 1848], vous auriez vu, milord, une des dernières et des curieuses fêtes populaires du moyen âge... On amène ici les fous de tout le Languedoc.»

Le suffrage universel : «Il montre quelques centaines de paysans fuyant à toutes jambes, et chaudement poursuivis par des hommes armés et parés de cocardes tricolores. Comme la barque atteignait le pont du canal, une explosion se fit entendre, et quand le vent eut dissipé la fumée de la fusillade, nous aperçûmes des morts sur la berge et un prêtre qu’on emmenait prisonnier.» Ce fait est tout à fait réel et Mary-Lafon le note avec ironie lui qui de 1830 à 1848 s’est battu pour l’obtention du suffrage universel masculin.

La Garonne : « Certes on ne l’accusera point d'être avare pour ses riverains : non contente d'engraisser leurs champs de limon, et de rafraîchir sans cesse leurs prairies dont le vent couche déjà l'herbe, elle paye généreusement la dot de leurs filles. Le jour, en effet, où une fille lui est née, le propriétaire riverain plante mille peupliers, qui valent, au bout de vingt ans, de mille à deux mille louis, grâce à la Garonne.»

Et il évoque aussi, bien sûr, l’église Saint-Sauveur. Au fil du voyage on découvre le bandit Pitoche de la forêt de Montech, un moine de Granselve qui obtient l’aide du roi Charles VI pour calmer la lutte entre « les deux fléaux, l'avidité insatiable du duc de Berry et l'insurrection des Tuschins, ivres de colère et de vengeance». Une révolte de 1380 étudiée par René Pautal, « la population expirante allait succomber, lorsqu'un pauvre moine de Grandselve, appelé Jean, entreprit de la sauver.»"