Retour des européennes en Midi Pyrénées
La dissolution a effacé l’analyse des résultats des européennes qui en est pourtant la cause. Rappelons d’abord que Macron connaissait ces résultats depuis plusieurs semaines. Je le répète les autorités, surtout au pouvoir, ont accès à des études qui leur permettent de connaître les résultats bien avant le vote. Mais Macron en anti-de Gaulle n’a pas dit qu’en cas d’échec il démissionnerait. Il a préféré dissoudre. Il a préparé cette dissolution en grand secret pour jouer de l’effet de surprise vu que le calendrier lui interdisait un vote le 14 juillet, donc il restait un délai de 20 jours. Une surprise qui a aussi frappé son propre camp.
Donc revenons aux résultats dans la région.
Le PCF malgré la bonne appréciation de François Roussel dans l’opinion, malgré l’union avec quelques autres petits groupes, malgré les efforts d’une campagne est resté à 2%. Pourquoi 4% en Hautes-Pyrénées ? Car la campagne a été plus forte ? Car historiquement ce département est le plus communiste de la région. Les campagnes électorales interviennent sur la marge.
La percée de Raphaël Glucksmann est à la hauteur des prévisions et elle permet de retrouver la force de la social-démocratie dans notre région. Entre 15 et 19% et là aussi pas de surprise, historiquement c’est en Haute-Garonne.
Pour LFI c’est la baisse qui domine au moment où nationalement il y a un hausse importante et le cas de la Haute-Garonne où LFI passe de 7 à 11 donne l’explication. La hausse est urbaine et elle masque la chute qui est rurale. On peut supposer que les législatives vont accentuer le phénomène d’autant que c’est là où le RN est fort !
EELV a beaucoup perdu pour le bien du PS. Il y a le phénomène du candidat tête de liste. En 2019 Glucksmann (comme Manon Aubry) a eu besoin de se faire connaître alors que Jadot était bien connu t cette fois Mme Marie TOUSSAINT a ramé. Mais globalement EELV+PE nous sommes dans les mêms eaux.
Pour le RN les écarts sont importants entre le 38% en Tarn et Garonne et 25% en Haute-Garonne. Pour les législatives la surprise risque de venir de l’Ariège où en 2017 la colère contre Hollande avait donné 2 députés LFI mais où ensuite le PS avec l’appui de la Macronie a récupéré les deux postes.
Ajoutons le phénomène Reconquête qui est dans la moyenne nationale. En Tarn-et-Garonne il porte le résultat de l’extrême-droite à 45% et là je fais l’addition car il n’y a pas de candidat Reconquête.
Le phénomène Jean Lassalle qui va 8% à 2% est largement au-dessus de la moyenne nationale. Que va faire son électorat aux législatives ?
La droite est restée dans les mêmes eaux.
Pour conclure, les Européennes font surtout apparaître une explosion du RN et je dis une explosion car dans une élection on a rarement vu des avancées de 10% pour des scores aussi hauts. Et je pense que personne n’a encore mesuré la nouvelle situation même si les commentateurs font comme si Bardella était déjà le premier ministre. Si le RN a 250 députés ça sera déjà énorme. Mais bon on verra. J-P Damaggio