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Vie de La Brochure
26 août 2024

Berlusconi, Trump, Macron

Voici trois grands dirigeants politiques qui ont accédé aux plus hautes responsabilités sans jamais avoir, auparavant, été élus au moindre poste.

Trois contextes totalement différents et pourtant un même phénomène.

Berlusconi et Trump ont un point commun : le rapport à la télé.

Berlusconi et Macron ont un peu commun : ils créent un parti politique de toute pièce (alors que Trump a réussi à envahir le Parti républicain).

Depuis l’opération Berlusconi, il est décédé, mais son œuvre a pris une dimension plus globale (moins personnelle) avec un parti inexistant avant son succès tout aussi foudroyant que fut celui hier de Forza Italia.

Des contextes différents mais un objectif identique : tuer le politique.

Cet assassinat n’est l’œuvre de personne ni d’aucune élection mais un processus fortement ancrée socialement.

Pour la France, dès 2002 j’ai écrit un texte atypique sur la mort du politique.

J’avais publié alors cet épilogue :

« Epilogue

Un grand pays a vécu 40 ans sans vie politique. Les institutions fonctionnaient, les habitants immigraient parfois, et, de temps en temps, du sous-sol venaient quelques cris. Des millions d'étrangers y passaient l'été pour bénéficier du soleil et des millions d'autochtones attendaient le soleil de la démocratie.

Ce pays paraissait attardé et la dictature qu'il subissait ressemblait à un vestige du passé. Pourtant l'ensemble des autorités du monde occidental comme celles du bloc de l'Est regardaient le franquisme avec courtoisie. Oui, il s'agit de l'Espagne qui de 1939 à 1975 prouva, mieux que d'autres pays, que la vie politique n'est pas obligatoire !

J'ai la conviction que, sous une forme nouvelle, cette fin de la politique est devenue un fait majeur dans toute l'Europe.

En étudiant la Révolution française j'avais été étonné par la passion des révolutionnaires pour l'Antiquité. A présent, je comprends mieux : les périodes de démocratie sont rares dans l'histoire de l'humanité et les insurgés se repèrent comme ils peuvent. La fin de la politique ne signifiant pas la fin de l'histoire qui sera toujours l'histoire de la lutte des classes, il nous appartient de réfléchir aux meilleurs moyens de l'action à entreprendre pour un nouvel âge de la démocratie. Les rustines ne sont plus de saison ! »

Je me doutais que Berlusconi tracerait un chemin global mais pas au point où nous en sommes. La démocratie sociale se doit de repenser avec patience une alternative crédible au temps actuels.

Jean Paul Damaggio

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