La fin du Patriote vue de Castelsarrasin
Moment crucial dans l'histoire du PCF du Sud-Ouest : la disparition de son quotidien. Le PCF de Castelsarrasin étant surveillé à la loupe à cause de l'usine, un dossier des archives départementéles (1377 W 69) permet de récupérer des documents précieux sur son activité (journaux de section, de cellule, tract, affiches...) et aussi d'ailleurs sur l'action de LO en direction de l'usine autour des années 1970. Bref, ce tract distribuée le 23 juin 1956 dit le commissaire de police raconte cette histoire majeure de la presse locale. J-P Damaggio
PS l'affiche en illustration est apposée à Castelsarrasin au même moment.
P.S. A la fin du tract trois noms sont donnés pour prendre contact si on veut aller à la Fête de Feugarolles (celle du PCF du 47) : Chinonis, Chauderon, Laporte
LA VOIX DES TRAVAILLEURS N’EST PAS ETOUFFEE
Le Patriote, né pendant l’occupation et qui menait courageusement depuis, seul parmi les journaux régionaux, la lutte pour la défense des intérêts des travailleurs et de toutes les honnêtes gens, pour l’indépendance Nationale et pour la Paix, pour la Liberté, pour le progrès social et pour le socialisme a cessé de paraître, victime de la prétendue liberté de la presse en régime capitaliste.
Cette décision pénible a été rendue inévitable, par des charges beaucoup trop lourdes : frais d’impression et de distribution, prix élevé du papier, par les jugements de classe, les fortes amendes, les multiples saisies qui frappaient sans cesse notre journal, pour dire la vérité, une vérité qui gênait les ennemis du Peuple.
Notre presse, la presse de la vérité, ne dispose pour toutes ressources, que les recettes de sa vente, d’une faible publicité et le dévouement de son personnel, de ses diffuseurs et de ses fidèles lecteurs, alors que la presse bourgeoise : la Dépêche, le Sud-Ouest, la presse du mensonge au service des trust, dispose des capitaux considérables, d’une énorme publicité et de subventions occultes, du grand patronat, de l’étranger et des gouvernements. Le rôle de cette presse au service des seule intérêts capitalistes, de la réaction et du fascisme, des gros colons, des occupants étrangers : Allemands hier, Américains aujourd’hui, est de mentir, de cacher la vérité, pour tromper l’opinion publique, en se dissimulant derrière des apparences apolitiques .pour détourner les travailleurs de la presse communiste, de leurs intérêts immédiats.
Dans ces conditions, un journal au service du peuple ne peut vivre qu’au prix d’une lutte continuelle, pour sa diffusion et pour sa défense.
Aussi, si pénible que soit la disparition momentanée du Patriote il sera possible, grâce au renforcement de l’Unité, à la conscience de classe de tous les opprimés, d’en limiter les conséquences.
Le Sud-Ouest, la Dépêche de l’occupation ne s’accapareront pas du monopole de l’information et n’auront pas le pouvoir d’étouffer la vérité.
Les réactionnaires, les fascistes, les grands patrons exploiteurs de tout acabit, les profiteurs de guerres, ceux qui font massacrer nos jeunes en Algérie, n'étoufferont pas la voix des travailleurs !
L'Humanité journal de Jean JAURES, de Jules GUESDE, de Marcel CACHIN, organe du Parti Communiste français est là pour défendre les travailleurs, pour dire la vérité, vous y trouverez, aussi une objective chronique de spectacles, sports, courses et littérature.
L’Humanité sera à votre disposition tous les jours à partir de midi chez tous les dépositaires.
Pour défendre vos intérêts, pour le progrès social, pour la Paix en Algérie, pour lire la vérité et faire échec à la réaction, travailleurs, lecteurs du Patriote, lisez l’Humanité.
La section du PCF de Castelsarrasin