La foule au rugby en 1965
Je viens de retrouver sur Sud-ouest ces trois photos de foule pour le mach de rugby Montauban-Dax en mars 1965. Elles ne sont pas de très bonne qualité mais elles disent tellement de réalités !
Le stade de Sapiac était entouré d’une piste cycliste (c’est fini cette année) ce qui induisait une distance entre le terrain et le public mais les jours de grand match des barrières étaient installées au bord de la pelouse pour accueillir une foule plus grande que d’habitude. Et ce match Montauban-Dax était crucial avec des grands joueurs. Donc du moins côté « populaire » des spectateurs debout pour se coller aux barrières en laissant passer les enfants devant sinon ils étaient noyés. Parmi mes souvenirs (j’avais quatorze ans) celui de ces grands jours m’est resté très clair. Le journal dit 5000 personnes.
Observons d’abord les barrières de 1965 qui existent toujours ! L’inventeur a été un petit génie. Elles sont légères, s’encastrent quand on les regroupe, s’accrochent, mais bien sûr si la foule avait voulu envahir le terrain…
La présence du béret est encore très nette avec parfois la casquette. Et cette veste dite « canadienne »… Un public uniquement masculin. A la mi-temps le vendeur de cacahuètes n’avait pas grand temps.
Des photos qui disent la communion du public et s’il criait « l’arbitre au Tescou » tout le monde savait qu’en aucun cas l’arbitre n’avait à craindre le Tescou. Il y a si longtemps que je n’ai mis les pieds au stade que je ne peux comparer la foule d’aujourd’hui et celle d’hier.
Sur la première photo on reconnait clairement, derrière, la tribune populaire. En face c’était la tribune plus chic et je doute qu’une foule debout pouvait y être installée sur la piste cyliste. Il n’y avait que peu de monde dans les virages.
Avec cette foule si près du terrain on peut imaginer que les joueurs se sentaient encore plus soutenus, des joueurs qui formaient une équipe car pour l’essentiel c’étaient les mêmes sur plusieurs années. Il n’y a que le cas de Zago dont j’ai le souvenir et dont je viens d’apprendre qu’il n’a fait qu’un cours passage à l’USM peut-être à cause de la concurrence avec l’autre pilier, Blanc.
L’inconfort est manifeste mais la joie d’être là n’en était pas moins grande. Montauban avait gagné et avait été qualifié pour les seizième de finale. JPD