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Vie de La Brochure
31 août 2024

Saint-Antonin dans les années de guerre 1940-1944

Saint-Antonin dans les années de guerre 1940-1944

La Société des amis du vieux Saint-Antonin a décidé d’honorer les 80 ans de la Libération par une exposition, un livre, deux conférences et un film. Autant dire que le travail exemplaire de cette association mérite l’attention.

L’exposition est visible à la mairie jusqu’au 13 septembre, le livre est seulement à 12 euros, et pour les conférences je vais en dire un mot dans un article à suivre.

Le groupe de travail a pu découvrir en premier lieu que les archives disponibles sont très nombreuses, très riches, aussi bien les archives communales, départementales, privées et autres.

Le résultat est passionnant car il permet de suivre l’histoire en question au plus près de la vie d’une commune aussi j’attire d’abord l’attention sur le dernier chapitre à savoir la vie quotidienne. Prenons l’exemple de la vie à l’école. On aurait aussitôt envie de pouvoir comparer avec d’autres communes car Sain-Antonin se distingue avec la présence d’une école privée catholique. La partie sur la santé est cependant plutôt d’ordre général. Car bien sûr toute histoire locale se doit d’articuler la dimension globale et locale.

La preuve que le livre est passionnant c’est qu’il donne envie d’en savoir plus, par exemple sur l’auberge de jeunesse de Saleth et sur les époux Fraysse qui la dirigeait. Je ne sais s’il existe un livre témoignant de l’histoire générale de ces auberges (et sur leur disparition) mais je pense aussi à celle de Montauban.

Bien sûr une large place est faite aux éléments de la Résistance car par son étendue et son paysage la commune était favorable à l’implantation de maquis.

L’originalité absolue est le cas du maire Paul Benet qui le sera sans interruption de 1925 à 1958. Pouvait-on être un maire validé par Vichy et un Résistant en même temps ? Il y a le cas à Castelsarrasin d’Adrien Alary qui deviendra maire grâce à Vichy et qui le restera longtemps sauf tout de même une interruption entre 1944 et 1945.

Les médecins vont jouer un rôle très important dans la vie municipale de la commune tout au long du 20ème siècle.

Concernant la Résistance elle-même il faut se souvenir que de 1920 à 1940 l’activité du PCF a été très importante de Laguépie à Septfonds en passant, à partir de 1925, par Saint-Antonin. D’où les nombreuses arrestations en juillet 1941 après l’invasion de l’URSS par l’Allemagne. La Résistance n’a jamais été que communiste mais la présence du PCF dans le secteur a alimenté la dite Résistance. On voit sur une photo du livre Pierre Couchet qui était un ami de Malou Rauzet dès 1936. Je le note car j’ai moi-même interrogé (entre 1980 et 1984) beaucoup de personnes de Laguépie à Setpfonds. La forte implantation radicale n’a pas donné comme ailleurs une forte implantation socialiste mais communiste.

Mais bon l'ensemble de l'exposition comme du livre sont des outils précieux pour la connaissance historique générale.

Trois observations personnelles qui ne sont pas des critiques car dans une telle entreprise tout ne peut pas être fait, et ce qui a été réalisé, je le répète, est passionnant :

J’ai moi-même eu l’occasion à plusieurs reprises de me plonger dans l’histoire en question (pour citer cet exemple) et j’ai retenu comme leçon (sur ce point comme sur d’autres) qu’il est vital pour comprendre un élan démocratique de bien étudier l’élan contraire. L’histoire de la Résistance n’est compréhensible que par l’histoire de son contraire. Il est souvent répété que la population a soutenu largement Vichy et que les Résistants furent une minorité. Il est noté dans le livre que la population a plutôt été favorable à la Résistance et je prétends même, à la lecture des rapports de la gendarmerie (locale), qu’on sent la même position en son sein, surtout quand elle s’oppose frontalement à la création de la Milice. Et donc pour être concret : qui était les fascistes et les miliciens à Saint-Antonin ?

La ville et la commune ? C’est une autre de mes obsessions. Si la préface fait référence à la commune, le premier chapitre p.13 débute par : « Saint-Antonin est une paisible petite ville » et tout se termine par « La ville garde la mémoire de la plantation d’un arbre de la Libération… ». Sauf que bien sûr quand il s’agit de maquis, la partie rurale prend toute son importance. Or la commune de Saint-Antonin se distingue par une partie urbaine qui était plutôt protestante et une partie rurale qui était plutôt catholique (même si ce point a disparu aujourd'hui). Et là plus ailleurs toute l’histoire communale est l’histoire du rapport entre les deux parties.

― Le choix de compléter l’expo et le livre par deux conférences a permis de donner plus de chair aux mots et aux images pour que l’histoire locale devienne plus vivante auprès de tous. JP Damaggop

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