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Vie de La Brochure
31 décembre 2024

Rugby : du jeu au travail

Rugby : du jeu au travail

J’ai déjà écrit sur ce constat : hier le rugbyman jouait pour rigoler aujourd’hui c’est pour travailler. Pas question bien sûr de généraliser : je parle en termes de tendances. L’écart se mesure par la forme d’entraînements. L’entraînement est devenu tel que la spontanéité du jeu est en berne.

Je pointe cette réalité qu’en tant que reflet de toute une évolution sociale. Le rire d’hier n’est plus celui d’aujourd’hui. Pas question bien sûr de généraliser. Hier pour rigoler le bizutage pouvait se changer en humiliation. Hier pour rigoler le viol d’une femme était un jeu. Et le viol aujourd’hui ?

Je cherche à écrire que le travail n’est pas le contraire de la paresse. Mieux, que le droit au travail est intimement lié au droit à la paresse si la paresse n’est pas celle du non travail !

La contradiction fut celle des syndicalistes des premiers temps pour qui le travail passait par la double conscience : celle de l’exploitation et celle du travail bien fait. Parce que le produit du travail est pour le bien de chacun, l’exploiteur du travail en profite pour retirer sa part personnelle. Parce que je suis exploité, je vais saboter mon travail ? Pour les premiers syndicalistes leur fierté tenait aussi à la qualité de leur travail, et à leur volonté de transmettre cette qualité.

Quand le rugby passe du jeu au travail, c’est un loisir qui pour le joueur cesse d’être un loisir.

Le capitalisme de la séduction est arrivé au bout de son histoire quand la séduction est devenue telle que le travail a cessé d’être aussi un jeu !

L’obsolescence programmée produit à la fois une rentabilité capitaliste et une négation du travail, dramatique pour la dite rentabilité.

Quand, au travail, il faut faire de la merde, alors le travail devient de la merde. Sauf que le travail est la seule dignité possible pour le travailleur quant la dignité de l’exploiteur est seulement visible sur son compte en banque.

Pour sortir du diable qui se mord la queue ils ont inventé le travailleur actionnaire or la seule action réelle du travailleur, c’est le produit lui-même. A quoi bon est « intéressé » au bilan financier si c’est pour réaliser un produit sans intérêt social ?

Depuis que Macron a titré un livre de campagne électorale Révolution, le mot a perdu tout son sens et avec lui le jeu et le travail !

Au rugby avancer commence par la passe en arrière, la seule philosophie possible pour un avenir populaire. J-P Damaggio

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