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Vie de La Brochure
9 février 2025

Le Monde toujours en froid avec La Dépêche ?

En relayant cette information (et d’ailleurs qui d’autre pour la relayer ?) Le Monde rappelle qu’il est en froid avec la Dépêche. Vous me direz c'est une information donc le journal joue son rôle. Hier France 3 aurait fait de même mais à ce jour je n'ai rien entendu de tel. J-P Damaggio.

Le Monde (site web)

vendredi 7 février 2025

La Cour de cassation confirme la condamnation de « La Dépêche du Midi » pour ses embauches au rabais. Le groupe de presse régional est condamné pour avoir recruté des journalistes hors de la convention collective de la profession.

Après de longues années de batailles juridiques, la journaliste toulousaine Claire Raynaud a obtenu gain de cause. Le 29 janvier, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi de la direction de La Dépêche du Midi, et a confirmé qu’il existe bien un lien de subordination entre la journaliste sous contrat avec Dépêche News et La Dépêche du Midi, ainsi qu'une situation de coemploi.

Le groupe de presse quotidienne régionale La Dépêche du Midi (SA) devra verser près de 100 000 euros à Claire Raynaud au titre de rappel de salaires et congés payés afférents, au titre des RTT, d'une indemnité pour travail dissimulé, sans oublier 1 000 euros de dommages et intérêts pour le SNJ (Syndicat national des journalistes), qui était intervenant volontaire à ses côtés. Après avoir eu gain de cause en appel, Mme Raynaud et le SNJ obtiennent donc la condamnation définitive de l'employeur.

En appel, le tribunal avait démontré « l'artifice d'une embauche par le biais de La Dépêche News, "agence de presse", alors même que c'est bien le rôle du groupe, qui exerce les prérogatives de l’employeur, qui est ici déjoué ». Pendant quatre ans, de 2015 à 2019, la journaliste touchait un salaire inférieur de 30 % et ne bénéficiait pas des RTT. C'est ce contournement de la convention collective que la Cour de cassation vient donc de confirmer. Pour Olivier Cimpello, ancien délégué syndical à Toulouse, « il ne s'agit ni plus ni moins de dumping social, le journal employant depuis plusieurs années des journalistes avec un statut totalement illégal ».

« Délit de marchandage »

En créant l’agence Dépêche News, avec le statut d'agence de presse, le groupe, longtemps dirigé par Jean- Michel Baylet, aujourd'hui président de son conseil d'administration, évite les salaires et avantages fixés par la convention collective. Après des vérifications menées par l’inspection du travail, c'est le parquet de Toulouse qui s'était saisi du dossier en 2021.

En octobre 2024, des perquisitions ont à nouveau été menées au journal et, à ce jour, trois nouvelles plaintes ont été déposées. L’affaire relève donc du droit pénal. Cela concernerait environ une centaine de journalistes (CDI ou CDD) embauchés à Dépêche News depuis 2017 en lieu et place des journalistes quittant La Dépêche du Midi, « jusque dans les rédactions locales ou détachées » affirme le SNJ. En 2024, ce « délit de marchandage » a été reconnu en première instance par les prud’hommes de Toulouse dans l’affaire Chloé Delbès, une journaliste qui a collaboré près de dix ans à La Dépêche du Midi après divers CDD puis un CDI. « Malgré ces condamnations, le journal a récemment recruté un jeune dans l'agence de Moissac (Tarn-et- Caronne) en remplacement d'un départ à la retraite, via Dépêche News et dans les mêmes conditions inacceptables », rappelle Olivier Cimpello. Contactée, la direction de La Dépêche du Midi n’a pas souhaité commenter ces condamnations.

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