La machine à coudre qui chante
Dans le bric à brac d'un musée de Vicksburg je m'arrête sur cette machine à coudre New Home comme on peut le lire sur la pédale. J'ai une relation sentimentale avec ce type de machine. Autant en Grande Bretagne qu'aux USA l’individualisme a poussé les chercheurs à doter les personnes, d’outils industriels. Les Britanniques sont les premiers à inventer un petit tracteur disponible, pour les petits agriculteurs, pourtant rares dans leur pays, si bien que le Ferguson fera un tabac en France. Pour l’ordinateur ils inventent les géants avec IBM mais très vite ils travaillent à l’ordinateur personnel, le PC (personal computer). Les grands outils du textile deviendront la Singer, la machine qui chante et qui fera un tabac en France. Si la machine à coudre est une invention française brevetée en 1830 par le Lyonnais Barthélémy Thimonnier, c'est à l'Américain Isaac Merrit Singer qu'elle doit son succès planétaire et son déploiement, jusque dans les foyers, à partir de 1900. C’est dès 1851 que la machine naît du fantasque Singer (il a eu 20 enfants de 5 épouses différentes) . Ma mère a eu très tôt une machine à coudre Singer et j'ai dans mes archives une Adria, de ma grand-mère paternelle. Sur Internet une personne témoigne pour l'Adria :
"J'ai toujours baigné dans l'univers de la couture, avec une tante chemisière pour homme et une autre qui était couturière pour femme et qui a fait tous mes vêtements (les belles pièces) jusqu'à la robe de mariée. Faire sur mesure était une tradition chez moi, y compris pour les hommes, et j'essaie de transmettre ces valeurs à mon fils aussi. J'ai des machines à coudre modernes, bien sûr, mais à l'occasion d'un "vide-garage" chez ma mère, j'ai découvert une ancienne machine (une Adria, justement) que j'ai décidé de remettre en état. Et c'est au cours de mes recherches que je suis tombée sur ce forum, assez extraordinaire je dois dire ! Ma mère, elle, utilise encore sa Necchi 512 qui fonctionne merveilleusement bien, c'est un régal que de la voir attaquer les tissus épais ! Il faut aussi dire que j'ai attrapé il y a longtemps le virus de la remise en état des objets anciens : je collectionne par exemple les stylo-plume, en particulier les vieux coucous début du siècle jusqu'à la deuxième guerre mondiale. Je suis fascinée par la précision et la qualité du travail d'antan, c'est toujours une grande émotion pour moi que de faire fonctionner un objet qui a été pensé il y a cent ans pour durer."
C'est une bonne idée que cette volonté de remettre en état. Et il semble qu'Adria soit une fabrication autrichienne, ma grand-mère vivant dans ce pays avant que l'Italie ne récupère sa région, il Trentino, J-P Damaggio
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