Nabil Wakim à Avignon
Pour cette année Nabil Wakim provoquera notre seul détour par le Festival In d’Avignon. Juste pour sa présence au «café des idées». Ce journaliste au Monde a décidé de se battre en faveur de la langue arabe qui justement est à l’honneur cette année au Festival. Au Cloître Saint Louis le dimanche 6 juillet de 11 h 30 à 13 h il a quartier libre sur la scène du dit café. Pour expliquer comment lui, le petit Libanais, dont la langue maternelle était l’arabe, il perdit cette langue. Il raconte sa vie, mais il a le souci de donner la parole à d’autres et il trouve dans le public des personnes pour lire des témoignages qu’il a recueilli dans sa recherche pour écrire L'Arabe pour tous : Pourquoi ma langue est taboue en France ?, Éditions du Seuil, 2020, 204 p.
Dans sa famille, surtout le père, l’idée est connue : pour bien s’intégrer une seule solution, la maîtrise du français. Mais quand en plus la langue maternelle est l’arabe, c’est un peu la honte pour le gamin et l’ado. Surtout avec l’évolution de l’actualité mondiale. Comment expliquer que tous les arabes ne sont pas musulmans et que tous les musulmans ne sont pas arabes ! Et de toute façon tous les musulmans ne sont pas extrémistes !
L’Education nationale est en dessous de tout quant à l’enseignement de cette langue pourtant fortement parlé en France. Et cet enseignement témoigne d’une fracture : un enseignement existe pour les élites, mais rien pour les jeunes. Alors il reste la mosquée…
Nabil Wakim multiplie les anecdotes et quant aux témoignages ils portent surtout sur la question de la transmission. Que faire avec ses enfants ? La diversité de situations est infinie.
Et cette diversité apparaît encore plus quand la parole est largement donnée au public. J’aurais dû prendre note des cas évoqués car écrire de mémoire ne suffit pas.
Et tout se termine par une chanson. La compagne de Nabil distribue les paroles et le public se lance avec joie. JPD