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Vie de La Brochure
9 août 2025

La troisième gauche et Marco Enriquez-Ominami

(Dans l'article les liens annoncés correspondent à des articles que j'avais rédigés sur l'ancien blog)

Dans l’étude sur la Troisième gauche de la Fondation Jean Jaurès Marco Enriquez-Ominami est appelé à la rescousse en tant que Coordinateur du Grupo de Puebla, rassemblement des chefs d’État sud-américains de gauche, ancien candidat à l’élection présidentielle au Chili.

Autant le constat général de l’étude sur la situation de la gauche m’a convaincu autant la glorification de la gauche latino d’Ominami me paraît ridicule alors que je pensais que son parcours chilien lui éviterait la langue de bois. Mais voilà sa fonction actuelle l’oblige sans doute à bavarder. Je vais m’en tenir au cas chilien.

Après Pinochet le pays entre dans e care d’un coopération entre Démocratie chrétienne et Parti socialiste. Avec Patricio Aylwin (1990-1994), puis Eduardo Frei Ruiz-Tagle (1994-2000) arrivé au pouvoir du socialiste Ricardo Lagos (2000-2006) puis vient l’ère Michelle Bachelet (2006-2010) battu par la droite qui revient au pouvoir (2010-1014) avec Sebastián Piñera, Bachelet revient (2014-2018) puis Sebastián Piñera revient (2018-2022) et enfin Gabriel Boric depuis 2021 dans le cadre d’un mouvement citoyen.

Rappelons que comme au Mexique le président ne peut se représenter deux fois de suite.

Clairement la gauche n’a jamais pu gagner deux fois de suite à partir de 2010 élection au cours de laquelle Marco Enriquez-Ominami joua un rôle original. Il venait d’abandonner le PS pour se présenter dans un cadre nouveau, le Parti progressiste du Chili exactement comme Mélenchon avec le Parti de Gauche puis le Front de Gauche.

En 2010 dénonçant l'absence de primaires au sein de la Concertation à laquelle il appartenait, il quitta celle-ci pour devenir le candidat de la Nouvelle majorité pour le Chili, défiant ainsi le bipartisme en vigueur depuis le début de la transition démocratique. Il obtient 20% quand Frei en obtient 29. Le PC fait 6%. Au second tour il a finalement appelé à voter pour Frei puis crée le PRO. Son responsable de projet économique, le patron de droite Paul Fontaine, rejoint l'équipe du candidat de la droite, Sebastián Piñera, en décembre 2009, entre les deux tours. Election cruciale puisque la gestion du PS conduit à diviser la gauche et à conduire la droite au pouvoir. Après le PS c’était forcément la candidature démocrate chrétienne avec Frei, ce que Ominami refuse, et même face à Frei, Sebastián Piñera gagne.

Un point de vue sur 2010. Sur les résultats de 2010. Encore sur 2010

Ma rencontre avec Corbières en 2009

Luttes étudiantes 2011.

En 2013, Ominami se représente avec un projet très à gauche. Renationalisation du cuivre, nomination d'une assemblée constituante, imposition des plus riches, abrogation des lois antiterroristes instaurées sous la dictature, légalisation de l’avortement et reconnaissance du mariage des couples homosexuels, gratuité de l’éducation, réduction du budget de l’armée. Avec un total de 10,98 % des voix, ME-O prend la troisième place du premier tour de l'élection présidentielle, après Michelle Bachelet et Evelyn Matthei.

Après quatre ans d’activité le parti perd la moitié de ses électeurs ce qui pouvait se penser comme circonstanciel vu la personnalité de la candidate de gauche. En fait le PRO ne va pas pouvoir émerger malgré des alliances avec les Verts ou le PC.

Point de vue sur 2013

En 2017 Ominami ne fait que 5%.

Les candidats de 2013.

2010 avait mis fin au bipartisme.

2024 un nouveau mouvement citoyen avec le Frente Amplio va faire élire Boric.

D’un côté on peut dire qu’en 2010 Ominami avait vu juste mais de l’autre qu’il n’a pas su comprendre le mouvement mis en marche devenant de plus en plus autoritaire dans son parti.

Aujourd’hui on lui a donc trouvé un poste de bureaucrate pour le féliciter de ses succès !

Le 7 octobre 2019, l’annonce par le gouvernement Piñera de la hausse du prix du ticket de métro a déclenché une mobilisation inédite au Chili, probablement une des plus importantes depuis la fin de la dictature en 1990. On demandera à Ominami d’en tirer les conclusions.

Il dira :

« J’aime emprunter une expression du journaliste Ricarte Soto qui définit le Chili comme la « Corée du Nord du capitalisme ». C’est une excellente synthèse de la situation : l’image concentre les problèmes qui se posent au pays. En plus de l’absence chronique de l’État, le modèle économique a aussi perduré depuis la dictature, malgré les différents gouvernements et l’instauration du régime démocratique. »

Une fois encore, c’est après une gestion de la gauche que l’extrême-droite fait son apparition avec José Antonio Kast Rist du Parti répubicain qui se présente à l'élection présidentielle de 2017, où il finit quatrième au premier tour (7,9 % des voix). À nouveau candidat quatre ans plus tard, il arrive en tête du premier tour avant de s'incliner au second face à Gabriel Boric, avec 44,13 % des suffrages exprimés.

Bilan en 2025 la primaire à gauche a désigné une communiste comme candidate, quand à droite et à l’extrême-droite divers courants se déchirent en sachant que la place de président est pour eux.

Bref le Grupo de Puebla est un vase creux mais peut-être n’est-il pas de même pour les autres exemples de la Troisième gauche. J-P Damaggio

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