Intérêt particulier et général (LGV, hôpital etc.)
J’ai eu la chance de travailler deux ans dans un pays où l’intérêt général n’était que la somme des intérêts particuliers ce dont les habitants eux-mêmes ne pouvaient avoir conscience vu que c’était leur système. Pour un Français formé à la conscience politique découvrir un pays sans politique était une anomalie.
D’autant que par la suite moi qui pensait alors que les sans-culottes étaient un groupe parisien j’ai pu vérifier que la Révolution française était l’œuvre d’une sans-culotterie générale autant présente à Montauban (et dans le moindre village) qu’à Paris. La France est devenue un pays politique avec la Révolution française mais au fil des ans le modèle US a grignoté cette histoire.
D’abord par l’atomisation du mouvement associatif et syndical. J’ai connu le monde des instits avec un seul syndicat puis deux, puis trois, puis quatre, puis cinq. J’ai connu la Fédération des Œuvres Laïques (FOL) membre de la Ligue de l’Enseignement. L’atomisation associative a donné l’impression d’un développement associatif mais c’était une erreur.
Ensuite pour les municipales les partis politiques ont fait appel à « la société civile » (les forces associatives). Et petit à petit ce fut là aussi l’atomisation. Seuls les Verts (avec l’aide de l’anomalie des Verts Allemands) ont pu transformer un mouvement associatif en force politique, en souvenir de la force politique de la France.
Mitterrand en génie politique symbolique décida de fabriquer une scission chez les Verts avec Lalonde ministre pour lancer Génération écologie puis Tapie pour une manœuvre anti-Rocard. Pendant ce temps l’extrême-droite reprenait en main le drapeau politique du pays !
Ceux là même qui oubliaient que le pays était politique considéraient que l’extrême-droite était éphémère !
Le politique, porteur de l’intérêt général s’affaiblissant, il revenait aux experts et autres bureaux d’études de prendre le relais pendant que des commentateurs s’indignaient de la coupure de plus en plus en grande entre les citoyens et la classe politique !
La classe politique n’assumant plus son rôle renvoie les citoyens vers les intérêts particuliers et se plaint de cet égoïsme ! Comment sortir de cette spirale incapable d’assumer les mutations économiques en cours ?
Autrefois la classe politique décida de créer une rocade à Montauban. Un dirigeant du PCF local était impacté ce qui renforça l’opposition au projet mais aujourd’hui c’est clair, cette rocade était indispensable et remercions la classe politique qui a « imposé » ce fait au nom de l’intérêt général
A présent avec la LGV le même discours nous est proposé : finalement elle servira à l’intérêt général. Sauf que là comme sur bien des points le raisonnement ne tient plus quand l’intérêt particulier commande. A plus de 90% le rail sert pour les petits trajets et pour 10% aux grandes lignes. Le projet LGV n’est pas un projet pour tous ce qui était le cas de la rocade et qui est le cas du projet de nouvel hôpital.
La perte du courage politique des partis est une catastrophe sociale renforcée par le comportement actuel des dits partis. Mais le miracle de noël… J-P Damaggio