Retour sur le pouvoir des féodaux et la décentralisation
L’action autour de la LGV nous a permis de vérifier l’étendue du pouvoir des féodaux locaux face à l’Etat. D’où ma relecture du chapitre du livre de Montebourg : «la dictature des élus locaux ».
25 ans après, de ce livre toujours précieux je retiens ici cette citation :
"La décentralisation ne nous a laissé le choix qu'entre deux maux équivalents : soit la centralisation extrême qui paralyse le pays, soit le pouvoir aux féodaux locaux qui excluent les citoyens."
Depuis les féodaux ont avancé des tonnes de points nouveaux dont les plus incroyables furent la création des grandes Régions et des grandes intercommunalités.
Le débat politique est classique : il n’y a pas une séance de Conseil Départemental ou Régional qui ne dise : « l’Etat nous étrangle ». Or il s’agit d’institutions qui d’abord, s’étranglent elles-mêmes car elles sont au-dessus des lois !
Et nous en avons la preuve irréfutable avec le cas LGV : ce n’est pas de leur compétence mais les féodaux locaux sont prêts à payer des sommes fabuleuses pour obtenir une LGV juste pour une question d’image, comme le propriétaire d’un Rolex la juge indispensable à son bras. Mais l’étude pourrait s’élargir.
Ce que montre Montebourg c’est que le pouvoir des féodaux locaux est sans limite puisqu’ils sont à la fois le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif. Sans limite s’explique par le fait que les deux limites installées par les institutions (celui des préfets et celui de la Chambre Régionale des Comptes) sont toujours plus réduits.
Sur le pouvoir des préfets et des sous-préfets j’ai pu vérifier en Tarn-et-Garonne comment le féodal local pouvait faire de lourdes pressions jusqu'à oser se réjouir publiquement le jour où il réussit chasser un préfet. Y compris d’ailleurs face à un Inspecteur d’Académie.
Quant à la Chambre Régionale des Comptes sont travail est le plus souvent secret car les pouvoir féodaux possèdent la presse régionale qui oublie ou marginalise son travail. Ainsi, qui connaît la présidente de la dite Chambre en Occitanie ? En image sa photo et un des derniers rapports de l'institution.
Dans le clientélisme il y a deux parties : le client et le fournisseur. Il y a féodalisme quand le client reçoit un aide en fonction de l’importance de sa soumission. Quand au Conseil départemental du 82, la nouvelle direction a tenu, en arrivant, à fixer des règles claires quant à la distribution des subventions, pas de surprise si au retour du féodal historique ces règles furent aussitôt abolies.
Comme toujours le problème réside dans le système : pourquoi n’existe-t-il pas de lois qui imposent la transparence ?
Dans le contexte définit par Montebourg il est facile de vérifier que tout le monde est piégé d’où la pérennité du système :
- Celui qui dénonce le centralisme fait le jeu des féodaux
- Celui qui dénonce les féodaux fait le jeu du centralisme.
Or la solution est simple : différencier le législatif de l’exécutif ce qui est à la base du système local des USA (ce qui n’est pas un modèle), renforcer non seulement la Chambre régionale des comptes mais faire évoluer sa logique pour que le comptable ne prime pas sur tout. Par exemple, les collectivités doivent retenir dans l’appel d’offres le moins cher mais il est aussi celui de la plus mauvaise qualité.
Bref, à ceux qui en appellent à une nouvelle constitution j’aimerais en lire quelques lignes de contenu sur ce point (avec à la base la supression du Sénat). J-P Damaggio
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