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Vie de La Brochure
25 février 2026

Rodolphe Portolès sur La Dépêche

Comme je l'ai noté Rodolphe Portolès n'est pas candidat aux municipales. La Dépêche lui ouvre largement ses colonnes.  JPD

Publié le 25/02/2026 à 12:01, Article rédigé par Florent Duprat

Il a décidé de dire stop. Rodolphe Portolès, conseiller municipal d’opposition, membre du Parti communiste français (PCF), n’apparaît dans aucune liste pour les élections municipales 2026 à Montauban (Tarn-et-Garonne). Il explique les raisons de son choix et se concentrer sur sa fonction de conseiller régional.

Qu’est-ce que ça fait de ne pas participer en tant que colistier à ces élections municipales ?

Ça fait des vacances ! (sourire) Ça fait souffler un petit peu parce que je pense que depuis maintenant presque une vingtaine d’années, j’étais au charbon. Ça me permet aussi de me recentrer sur l’essentiel : la famille, le sport et les idées aussi. Il n’y a pas de campagne politique, mais il y a quand même un mandat régional extrêmement intéressant, dans lequel je m’investis à 200 %.

Vous y êtes président de la commission éducation, jeunesse et orientation notamment… Ce sera le cœur de votre engagement désormais ?

Ce sont effectivement trois leviers importants. Je suis aussi membre de la commission solidarité, égalité et inclusion présidée par Pierre Lacaze et je participe à celle sur l’enseignement supérieur et la recherche. À ce titre, nous nous occupons des villes universitaires d’équilibre, dont le développement de Montauban et de son centre universitaire, pour faire travailler les deux collectivités que sont le Département et le Grand Montauban.

Pourquoi renoncer à participer au scrutin des 15 et 22 mars 2026 ?

J’ai fait deux mandats dans l’opposition, j’étais aussi sur la liste de 2008 où je n’étais pas en position éligible. Je pense avoir fait le tour de la question. J’ai peu d’espoir de changer la donne à Montauban, il m’a semblé qu’il fallait laisser la place aux autres. C’est la première raison. La deuxième repose sur la stratégie des différents candidats. J’ai œuvré à ce qu’il n’y ait qu’une seule liste à gauche face à une droite éclatée, en plein désarroi. J’ai échoué. Je n’ai pas voulu cautionner des voix de gauche en dispersion qui ne nous permettront pas, selon moi, d’accéder à la mairie. Je le regrette parce que le terrain était débroussaillé.

Le fait que Brigitte Barèges ne puisse pas se présenter ouvre la voie selon vous ?

L’élection était gagnable parce que la majorité sortante est fracturée dans 3 listes. Celle du binôme Lallemand-Barèges, très marquée voire d’extrême droite. La deuxième républicaine, gaulliste, traditionnelle, celle de Deville-Pécou. Et la troisième de Jean-Lou Lévi, soutenue par l’ancien premier adjoint Pierre-Antoine Lévi, dans laquelle apparaît Aurore Kothé, qui a été adjointe à l’éducation de Mme Barèges (2016-2018). Un signe fort aurait été d’avoir une gauche en bloc. Dans ce cas-là, c’était gagnable. Là, j’ai peur que la dynamique manque. On comptera les points au soir du premier tour.

Quel est le travail d’un conseiller municipal d’opposition ?

C’est beaucoup d’investissement parce qu’on n’a pas tous les éléments. Il faut beaucoup travailler collectivement et c’est ce que je retiens de ces deux mandats avec Montauban citoyenne. Il y a eu un travail de fond, ce que les gens ne voient pas, sur les délibérations qui étaient proposées. On a essayé d’apporter des arguments qui, à mon sens, tenaient la route sur ces deux mandats. La deuxième fierté, c’est d’acquérir une expertise de la politique de la vie municipale et ses finances. C’est une fierté et aussi un regret parce que la parole de l’opposition à Montauban n’est pas prise en compte. Lors de ce second mandat, c’était une caricature. C’était ridicule, notamment le changement de place dans la salle du conseil. Je pense qu’on peut amener une opposition constructive et la majorité n’a pas été capable de la prendre en compte.

Vous parlez d’investissement. Ça se déroule comment, les préparations de conseil ?

La veille, c’est systématiquement une réunion physique. En général, au siège de la fédération du Parti communiste. On se retrouve à 5 ou 6. C’est aussi des réunions publiques auprès des citoyens avec une feuille de route, des explications des décisions politiques que nous prenions, même si – et c’est un regret –, on l’a moins fait lors de la dernière année et plus globalement sur le dernier mandat. C’est notamment dû au fait de la fermeture de la Maison du Peuple, car les salles ne sont pas très nombreuses à Montauban. Et ensuite, c’est beaucoup de travail, par téléphone, visio… C’est aussi, tous les deux mois, une tribune d’expression dans le magazine "Ma Ville". C’est un dossier porté par Jeannine Meignan pour notre groupe. Enfin, ce sont aussi des publications dans le journal communiste Les Nouvelles du 82. C’est un travail régulier, riche, collectif, mais usant, épuisant.

Qu’avez-vous ressenti lors de votre dernier conseil municipal le 16 février et communautaire le 19 ?

Avant les conseils, un peu d’émotion dans la préparation. Pendant, on est dans les dossiers donc on n’y pense pas. Après, c’est différent parce qu’on n’est pas le seul dans cette situation. Honnêtement, il y a un peu d’émotion quand on quitte la salle. Mais il faut savoir tourner la page. Même si c’est la fin de quelques petits privilèges : le nom à son siège, la carte pour rentrer sur le parking de la mairie… (sourire) Mais il faut savoir faire autre chose. La vie est courte, il faut en profiter. Aujourd’hui, il n’y a pas de rancœur, même si les discussions sont agressives et pour moi, l’agressivité n’a pas sa place dans un conseil municipal. Ce côté méprisant, un peu narquois, voire seigneurial, je trouve ça insupportable. C’est aussi ce qui fait qu’on ne regrette pas de partir.

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