Baylet : vers la victoire totale sauf…
Il y a cinquante ans Jean-Michel Baylet se préparait à entamer une grande carrière politique en devenant en 1977 le maire de Valence d’Agen. Suivant une vieille tradition radicale, tout devait commencer par la commune sauf qu’avec les années 1980 les traditions politiques allaient être bousculées. Nous étions au temps du Programme commun qui avait obligé le Parti radical à choisir entre la gauche et la droite. Avec le MRG Baylet a choisi la gauche. Rappelons que l’histoire du Parti radical depuis 1880 a été simple : garder le pouvoir avec la droite pour battre la gauche, ou avec la gauche pour battre la droite. Je ne vais pas ici raconter les 50 ans de parcours de JMB vu que je l’ai fait dans le livre sur La Baronnie. Simplement observons la situation en 2026.
Double victoire de Baylet à Valence d’Agen. D’abord par son pourcentage et ensuite par son adversaire. Seul le RN pouvait le battre, et éliminer tous les autres c’est le rêve de Baylet. Il arriva qu’il n’y ait qu’une liste à Valence ! Après d’autres, Baylet, par son journal La Dépêche, a au bout d’un moment apprécié la montée du FN-RN, car contre un tel adversaire l’union était facilitée ! Puis, retournement du bâton, le RN a battu sa candidate aux législatives. A jouer avec le feu parfois on se brûle mais contrairement à une idée reçue, Baylet a toujours était très intelligent pour se relever de ses défaites !
Victoire à Caussade : la famille Bonhomme au cœur de l’histoire de la ville a été une de ses obsessions. Il a dû supporter le père (il y a envoyé Yvon Collin pour le battre) puis le fils. La victoire d’un centriste allié au Conseil départemental avec celle qui était députée PS, en fait un soutien de Baylet.
Puis Moissac où sa conseillère régionale était sur une liste citoyenne largement battu par le RN ? La victoire de Romain Lopez était acquise dès le départ, donc pour Baylet il restait une question : mettre à mal les vestiges du PS. Pari réussi !
Et la victoire était attendue à Montauban et là c’était crucial. Dès 1977 Baylet a considéré qu’il avait besoin de pions dans TOUS les partis, le PS étant son cauchemar majeur. J’en conviens, il est difficile de suivre le labyrinthe cher à JMB. En 1982 avec Louis Delmas le PS s’empare du Conseil général (au bénéfice de l’âge) et ce fut un crime de lèse-majesté impardonnable. Donc depuis 1982 Baylet a toujours tout fait pour «punir» la ville de Montauban. Il n’a pas été mécontent quand en 2001 les socialistes ont été battus par Barèges. Mais ils restaient l’alternative à la droite avec le PRG à la remorque ! En cette année 2026 Alain Baute a trouvé l’arme pour arrêter les socialistes : une liste citoyenne. Je l’ai écrit aussitôt il s’agissait d’une machine de guerre contre le PS local et ça a presque marché. L’alliance de second tour entre la liste citoyenne et la liste de droite devait gagner mais voilà, un bon nombre d’électeurs de la liste citoyenne furent mécontents (même des candidats ont condamné cette manœuvre). De plus l’autre liste centriste n’a pas voulu cautionner l’opération et le résultat fut clair : la liste PS et ses alliés a réussi une progression considérable laissant derrière elle la liste Deville !
La réaction de Baylet ne s’est pas faite attendre d’autant qu’il a perdu ailleurs et en particulier à Beaumont de Lomagne. Cette commune fut longtemps PS-PCF mais par une manœuvre classique le PRG a réussi il y a longtemps à éliminer le PS et le PCF. Donc comme à Valence l’union devait se faire autour du PRG quand l’adversaire majeur c’est l’extrême-droite. Mais là aussi c’est l’échec du PRG.
Et Castelsarrasin ? Cette commune nous rappelle que pour Baylet l’étiquette compte peu, même celle de PRG. Je l’avais vérifié à Nègrepelisse entre 1983 et 1986 quand un PS soumis à Baylet a été préféré par Baylet à un radical historique de la ville, sénateur qui plus est ! A Castelsarrasin le membre du PRG, J-P Bésiers n’ayant pas été admis les ordres du chef a dû subir les attaques les plus dures de la part de Baylet, d’autant qu’il aida Astruc à prendre le pouvoir au Conseil départemental. Pour une première candidature le RN a été menaçant mais pas assez ! Un exemple typique qui montre que comme à Moissac quand on s’active pour détruire la vie politique, il ne reste que l’extrême-droite.
Et puisque je cite Astruc, voilà cette autre douce victoire pour Baylet : Astruc n’a pas pu retrouver son poste de maire à Dunes ! Cette victoire dans une petite commune se double d’une autre joie à l’autre bout du département, à Fabas où après trois ans d’absence politique Sylvia Pinel reprend du service. Pas comme maire cependant mais son avenir est plus grand : sénatrice !
Dans sa circonscription il restait cependant une zone échappant à son contrôle, la commune de Grisolles. Il y avait là autrefois, un maire PS indépendant. En 2020 il passa la main mais sa liste a été battue par la droite grâce au maintien d’une liste d’un membre du PS, G. Sapin, toujours là en 2026 (sans carte précise) pour, cette fois, accéder au pouvoir en battant la droite… et l’autre liste de gauche.
Un petit souci du côté d’Escatalens car il ne faut pas oublier que le maire sortant avait été candidat aux départementales avec une élue d’extrême-droite de Beaumont de Lomagne (mon canton). Ce maire sortant vient de laisser sa place à son fils dont la liste a gagné avec 58%. J-P Damaggio
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