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Vie de La Brochure
24 mars 2026

Elections, fusion, confusion ?

Elections, fusion, confusion ?

La Constitution de la Cinquième république n’a jamais empêché les changements de mode de scrutin. Pour les élections municipales si en 1959 De Gaulle n’avait pas eu le temps d’imposer le sien, en 1965 comme pour les législatives on en revient presque au mode de scrutin de la Troisième république pour les villes de plus de 50 000 habitants. Pour les autres c’est le même depuis 1880. Donc plus de proportionnelle mais une élection à deux tours et la liste gagnante qui n’a ni panachage ni fusion obtient tous les postes. Là comme ailleurs l’idée du président c’est de pousser vers un face à face droite/gauche en mesure d’éliminer le centre. Côté S.F.I.O. ce n’est pas l’enthousiasme car l’union PS-PCF n’est pas bien admise. Donc en 1965 certaines villes vont avoir des listes d’union de la gauche comme Montauban et d’autres des listes avec une S.F.I.O. toujours tournée vers le centre comme Toulouse ou Marseille. C’est la victoire de la gauche en 1981 qui va modifier un système à la marge et qui se généralise ensuite à toutes les communes avec 2026 comme sommet de la mutation. C’est là qu’intervient dans les grandes villes le droit à la fusion (pour les listes au-dessus de 5%) et une part de proportionnelle. Sauf qu’on reste dans le cadre d’une semaine entre le premier tour et le deuxième tour. Puis petit à petit le seuil de 50000 sera abaissé, la parité instituée, mais je ne m’arrête ici que sur le principe de la fusion.

Une des forces du FN-RN c’est le refus de toute fusion. Elle apparaît comme un marchandage certes démocratique (on tient compte des résultats du premier tour) mais comment en une semaine deux listes qui s’étaient opposées peuvent afficher une unité ?

Je ne sais si depuis qu’existe la fusion un calcul a été fait pour noter combien furent gagnantes et combien furent perdantes mais j’ai la sensation que le plus souvent la greffe a mal pris (sur l'image mon cousin greffe le jour du premier tour et une semaine après 5% des greffons ont pris).

On sait que dans ce mode de scrutin le seuil pour se maintenir est très bas puisqu’il repose sur 10% des EXPRIMES quand pour les législatives il repose sur le nombre d’inscrits. Donc on peut avoir un gagnant avec 30% des exprimés. C’est ainsi qu’à Castres il est arrivé aux socialistes de bénéficier du succès qui vient d’être celui du RN.

Oui mais comment constituer une liste unitaire au premier tour sans connaître le rapport des forces ?

En 1965 à Montauban Louis Delmas a réussi à unir le PS, les Radicaux, le PCF, le PSU or les inimitiés étaient nombreuses puisque les Radicaux géraient alors la ville avec la droite, le PCF et le PSU n’étaient pas en bons termes, mais le fait que Louis Delmas soit député a permis à tous de se mettre d’accord et de gagner de quelques voix au premier tour, débutant ainsi une longue période de gestion de la ville par la gauche jusqu’à ce qu’arrive 2001 quand au premier tour le FN apparaît, il réussit à mobiliser une part de l’électorat qui au second tour fait le bonheur de Brigitte Barèges, la liste de gauche ayant été la plus large depuis quelques années (les Verts y avaient enfin trouvé une place).

A partir du moment où les tensions deviennent fortes au sein de la gauche comme c’est le cas aujourd’hui le succès des fusions devient très rare. Si je prends l’exemple toulousain la gauche n’a gagné qu’en 2008 quand il n’y a pas eu de fusion. Toutes le fusions échouèrent et échoueront à l’avenir quand en face la droite répète : notre liste du premier sera aussi celle du second tour.

Avant le premier tour les négociations peuvent prendre du temps pour s’unir mais un soir de second tour c’est une union factice sauf si elle est préparée en coulisses avant.

Je vais traiter dans un autre article de l’exemple de Saint Denis qui avait un maire PS uniquement parce qu’en 2020 l’union n’a pas pu se faire entre le PCF et LFI. LFI en a tiré les leçons en signant avec la Fédération du PCF une répartition des villes dès avant le premier tour Saint Denis étant accordé à LFI, un accord qui a suscité des oppositions au sein du PCF mais qui semble avoir été gagnant pour les deux partis. La victoire de LFI à Saint Denis est plus une victoire de cet accord électoral (sans doute imaginé par Bompard) que de LFI seul. Jean-Paul Damaggio

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