Hongrie : la droite bat l’extrême-droite
La chute d’Orban me rappelle les discussions anciennes avec l’ami Max Biro dont sa famille en Hongrie supportait mal le système Orban.
Je n’ai pas lu les commentaires de ceux qui vont dire que droite et extrême-droite c’est au bout du compte bonnet blanc et blanc bonnet, analyse que je conteste depuis toujours. L’extrême-droite n’est ni le fascisme, ni une version extrême de la droite.
L’extrême-droite est un système en soi dans le sens où il est apte à capter des électorats dans tous les secteurs de l’opinion, fait que je démontre depuis longtemps. Quand le FN explose en France en 1984 le PCF s’effondre et des anti-communistes obsessionnels en ont déduit que l’électorat FN c’était une part de l’électorat communiste déçu. Or en Tarn-et-Garonne les scores du PCF a toujours été inférieurs à la moyenne et les scores du FN supérieurs à la moyenne ! Dès le départ le FN rassemble des abstentionnistes classiques, des déçus du PS, du PCF, de la droite etc. Franchement, en France nous sommes bien placés pour se souvenir qu’un homme de droite en 1940 s’est affiché clairement en opposition à l’extrême droite elle-même divisée entre les admirateurs de l’Allemagne et ses opposants.
Je me réjouis donc que la droite hongroise ait pu battre le système Orban. Est-ce à dire que je me fais le soutien de la dite droite ? Reconnaître un mérite ne signifie pas reconnaître TOUS les mérites !
Et j’entends ceux qui me disent : mais comment ne vois-tu pas qu’en France la droite vire extrême-droite ? Oui, une partie de la droite surtout là où l’extrême-droite se donne des airs de droite !
Je connais le raisonnement ancien : en fait le PCF c’est le PS et le PS c’est Macron et Macron c’est la droite et la droite c’est l’extrême-droite ! Est-ce que j’en appelle à la nuance ? Ce ne sont pas les gesticulations politiques qui me touchent, mais les électorats qui sont plus fiables que la classe politique malgré les évolutions.
L’objectif de de Gaulle a été, de donner enfin à la droite des lettres de noblesse, une droite qui avant lui ne savait que jouer toutes les combinaisons possibles avec le centre.
Mais revenons à Orban. Il confirme une idée chère à Ivan Illich comme quoi tous les systèmes fermés finissent par se retourner contre ceux qui les ont inventés. Or c’est la caractéristique de l’extrême-droite, elle ne peut qu’inventer des systèmes fermés ! A force de vouloir ratisser large, le râteau ne ratisse plus rien. Un système ouvert c’est quand une droite peut se faire remplacer par une gauche et inversement. Oui mais en Hongrie en l’absence de toute gauche la droite venant d’accéder au pouvoir va-t-elle instaurer un nouveau système fermé et virer extrême-droite ? D’autant qu’une élection ne change pas en un jour tout un système !
Je suis de ceux qui pensent que le classique face à face droite/gauche ne tient plus la route et l’extrême-droite a toujours été friande de cette idée. En ce qui me concerne je suis pour le remplacer par un autre face à face qui ne va pas naître du fait d’un esprit éclairé mais du fait des nouvelles luttes sociales.
La gauche n’a pas à être plus ou moins radicale mais doit se reconstituer totalement à partir de son passé et du contexte actuel. Il y faudra une révolution de nature encore inconnue mais une révolution. J-P Damaggio
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