M. Bertelli président du Conseil départemental du 82
Le 13 avril 2026 est devenu une nouvelle date mémorable de la vie du Conseil départemental du 82.
1 ) Le rapport des forces est celui qui a élu M. Weill démissionnaire.
Majorité sortante (16) :
Groupe PS et alliés 5 PS-3 + DVG 2 /
Groupe PRG et alliés 11PRG 6 + DVG 3 + DVC 2
Opposition (14)
Groupe centriste 6 : DVC 5 + DVD 1 /
Groupe LR 4
Groupe DVG 2
Groupe RN 2
2 ) Première surprise avec 5 candidatures dont celle de Valérie Rabault. A force de taper sur le PS, M. Baylet a fini par la décider à se présenter.
Pour le centre M. Bertelli. Pour la droite la binôme de Pecou, Mme Heulland, et le PRG se paie le luxe de deux candidats !
3 ) Premier vote surprenant : Valérie Rabault fait 3 voix de plus que son groupe tandis que le PRG fait 4 voix de moins que son groupe. Le PRG est en forte difficulté. Mme Heulland fait les voix de la droite et du RN. M. Bertelli les voix du centre et du binôme Descazeaux.
4 ) Pour le second tour j’ai annoncé sur facebook le résultat avant le vote car il coulait de source : Bertelli 14 (Heulland s’est retiré), Rabault 8, et Gonzalez 7 (Deprince s'est retiré).
5 ) Après de très longues tractations M. Gonzalez se retire et donc Mme Rabault semble élue par avance 15 contre 14. Sauf que depuis le début il y avait un vote blanc qui cette fois se mobilise pour Bertelli donc on a eu 15 à 15, Bertelli est élu au bénéfice de l’âge.
6 ) Bien comprendre pour la suite que nous ne sommes pas dans le cas de l’élection d’Astruc quand le RN était absent. Ce point nous renvoie à l’élection du président de la région Midi-Pyrénées en 1998 quand Censi a été élu avec les voix du RN et qu’il a démissionné pour les rejeter, sauf qu’ensuite c’est Malvy qui a été élu et depuis le PS dirige la Région. Pour éviter ce phénomène la Gauche a changé le mode de scrutin.
7 ) Je n’ai pu suivre le coup de théâtre suivant. C’est quatre heures plus tard que j’apprends que pour l’élection des vice-présidences la liste Rabault (sans Rabault) a battu la liste Bésiers 15 à 14. La liste Bésiers révèle la présence des deux élus RN au poste de vice-présidents ! Tout le monde comprend pourquoi : sans leur présence ils se seraient abstenus et ils faisaient élire la liste Rabault ! Tout comme c’est de leur responsabilité de faire élire Bertelli, ça aurait été de leur responsabilité de faire élire la liste Rabault. Il vaut mieux perdre dans la dignité que dans l’intolérable ! Bien sûr dans la liste Rabault nous avons le toujours présent M. Weill qui accepte au Grand Montauban (avec d’autres maires vraiment à gauche) de servir les intérêts du président d’extrême-droite !
La question est le mode de scrutin. Pour les intercommunalités, le vote se fait vice-président par vice-président sans que les autres assument l’ensemble des élus. C’est ainsi qu’à Terres de Confluences Romain Lopez a été battu pour la deuxième vice-présidence mais élu pour la cinquième. Donc comment Bésiers pouvait-il diriger une liste avec celui qui depuis quatre ans prépare son élimination politique? Et l’étonnement est dans les deux sens : comment Romain Lopez peut-il justifier d’aller sur la liste Bésiers ! Et comment Ghislain Descazeaux peut-il lui aussi se justifier ? Il s’en explique :
« Une alliance Bertelli-Rabault était actée. Les résultats du premier tour étaient sans ambiguïté : Bertelli 14 voix, Rabault 8. La logique politique la plus élémentaire — et l'honnêteté — commandait que celle qui était la moins bien placée se désiste en faveur de celui qui l'était davantage. »
Ce sont là les résultats du deuxième tour et non du premier et Bertelli arrive à 14 avec les voix RN. A ce moment là est-ce que les vice-présidences avaient été distribuées ?
Comme La Dépêche le note au sujet de sa binôme : « Liliane Morvan devait être du même avis [du refus de la tambouille], car, ayant dans un premier temps donné procuration à son binôme Ghislain Descazeaux, elle la lui a retirée en séance pour marquer son désaccord avec cette alliance de circonstance. »
Ce ne fut sans doute pas le seul binôme avec de fortes tensions internes. Au premier tour Deprince n’a même pas eu la voix de sa binôme.
C’est l’objet de mon prochain livre : comment ne pas tomber dans les bras de Lopez quand on combat Baylet !
Et si Rabault a changé de stratégie ça ne signifie pas faire n’importe quoi ! Une fois de plus la liste Bésiers se devait d’écarter la proposition de deux vice-présidences pour le RN.
Et voici la position de J-M Baylet :
"Les socialistes ont absolument voulu prendre la présidence aux Radicaux. Il se trouve qu’il y a eu des dissensions au sein des Radicaux mais aussi des trahisons. Alors que notre candidat, José Gonzalez, l’aurait emporté, nous avons perdu le département après avoir perdu Montauban dans des circonstances assez similaires. Au bénéfice de l’âge, la présidence revient à la droite. Mais au moment où il a fallu élire les vice-présidents, l’alliance PS/PRG a fonctionné si bien qu’on se retrouve avec un président de droite et un exécutif de gauche".
On mesure que les dissensions ont traversé tous les groupes. Mais une fois de plus vouloir faire croire que les socialistes à Montauban comme au département sont cause des victoires de l’extrême-droite c’est vite oublier le premier tour de scrutin du Conseil départemental qui a montré l’échec énorme du groupe des radicaux. Si la gauche pouvait être sauvée c’était avec les socialistes et non l’inverse. Bilan, pas plus que Rabault, Baylet n’est vice-président !
Et ensuite il y a le cas de M. Beq. Il avait contribué à la victoire d’Astruc puis à la victoire de Weill et à présent à la victoire de Bertelli. Contre l’idée du retournement de veste j’observe une certaine logique : celle de ses idées le centre-droit. Car Weill est tout aussi centre droit qu’Astruc et Bertelli. Il n’a pas voulu une présidente du Conseil qui soit socialiste. La Dépêche de conclure : « Outre une vice-présidence et l’indemnité qui va avec, Jérôme Beq a perdu pas mal de crédibilité politique dans l’affaire. »
Le plus cohérent est Mathieu Albugues et sa binôme S. Delbreil qui se sont tenus à l’écart de la liste Bésiers. En tant que membre du groupe LR ils ont voté Bertelli mais sans plus,… d’autant que lui a démissionné de LR.
Ce 18 avril annonce, vu le mode de scrutin, des difficultés pour constituer des majorités suite aux prochaines élections départementales. Je n’ai aucun doute en Tarn-et-Garonne nous nous retrouverons avec au moins 8 conseillers départementaux RN. Le binôme Lopez, plus les défaites des binômes Deprince, Pécou, et…. Bésiers. J-P Damaggio
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