Féminisation des intercommunalités ?
Pour le cas où vous auriez raté cet excellent article du Petit Journal 82 je me permets de le reprendre (rien ne vaut d’acheter le journal car l'article est complété par d'autres documents). JPD
Des intercommunalités "mâles" fichues
Avec seulement 14,6% de présidence en 2026, la parité peine à gagner les exécutifs des intercommunalité en France et même si les chiffres demeurent une légère progression depuis 2020 (en hausse de 3 points) il reste très en deçà de ce que l'on pourrait attendre d'une démocratie locale qui se veut représentative. Dans ce tableau national déjà sombre, le Tarn-et-Garonne offre une illustration particulièrement instructive des paradoxes de la parité avec des avancées réelles mais une fracture persistante entre le bas et le haut de l'exécutif. Sur le papier, le département semble bien placé avec 46,6 % de femmes parmi les conseillers communautaires, contre 42,3 % au niveau national, le Tarn-et-Garonne fait partie des bons élèves. Les femmes siègent dans les assemblées, elles délibèrent, elles votent mais dès que l'on monte d'un échelon, la réalité change radicalement de visage ainsi au rang des vice-présidents, le département chute à 21,0 %, soit plus de six points en dessous de la moyenne nationale qui s'établit déjà à un modeste 27,6 %.
Sur les dix intercommunalités du département, certaines affichent des résultats particulièrement bas comme la Communauté de communes du Quercy Caussadais qui ne compte aucune femme vice-présidente et la Communauté de communes Terres des Confluences qui n'en recense qu'une seule sur dix postes. Ces chiffres traduisent une réalité bien connue au niveau national : plus le poste est exposé, plus la femme devient rare.
On pourrait penser que la Communauté d'agglomération Grand Montauban fait exception (33,3 % des vice-présidents sont des femmes) si celles si n’étaient reléguées que très bas dans le tableau en plaçant la première vice-présidente au 7e rang (8e si l’on compte le président) et l’on parle là de l’ancienne présidente de l’institution. Une performance nuancée d’abord parce que la parité stricte n'est pas atteint, ensuite la présence d'une grande ville comme Montauban augmente mathématiquement le nombre de conseillères quand les petites communes y envoient uniquement leur maire. Alors quand l'on compare la préfecture tarn-et-garonnaise à d'autre agglomération de taille similaire l'on s'aperçoit du retard pris, surtout que le poste de président est désormais occupé par un homme. Car c'est bien à la présidence que la fracture est la plus visible avec seulement 3 femmes présidentes sur 10 intercommunalités renseignées, soit 30 %. Le Tarn-et-Garonne se situe certes au-dessus de la moyenne nationale, mais ce résultat doit être lu avec prudence.
À l'échelle du pays, le classement des départements par taux de femmes présidentes révèle une carte profondément inégale où des territoires entiers n'enregistrent aucune présidente. Dans le Grand Est ou en Corse, moins d'un président sur dix est une femme et en Occitanie elles représentent 11,7% des sièges contre 12,8% en France.
Ce que les données du Tarn-et-Garonne illustrent avec précision, c'est le phénomène dit du plafond de verre territorial. Les femmes acceptent et occupent les sièges de conseillers là où les listes paritaires les y contraignent désormais. Mais la route vers l'exécutif reste semée d'obstacles invisibles entre le conseil communautaire et le fauteuil de président, le taux de féminisation s'effondre de plus de vingt-cinq points dans le département. Ce n'est pas un hasard, c'est le résultat de pratiques politiques locales qui continuent de réserver les fonctions de pouvoir aux hommes, parfois par tradition, souvent par défaut de volonté. La loi a pourtant ouvert la voie et l’élargissement du scrutin de liste paritaire aux communes de moins de 1 000 habitants aurait dû mécaniquement pousser davantage de femmes vers les exécutifs mais cela n'a pas suffi et seulement 23% sont des maires au féminin (20% en 2020) et, comme expliqué plus haut, la plupart des communes ne sont représentées que par leur maire qui se trouve être souvent un homme.
Voilà pourquoi il est plus difficile de s'approcher de la barre des 50% dans les EPCI composées de petites communes par rapport à celle regroupées autour de grand pôles urbains. En Tarn-et-Garonne comme partout en France, la parité dans les intercommunalités reste une ambition inachevée, visible dans les rangs, absente aux commandes.
DES INTERCOMMUNALITÉS À GAUCHE
A savoir, près de 54% des présidents sortant ont été reconduits, un chiffre stable par rapport à 2020 et 87,2% des président sont aussi maire. En Tarn-et-Garonne, seulement 50% des présidents sortants ont été reconduits et 100% d’entre-eux sont également maires. Si lors du vote aux municipales, l’on a pu voir un glissement à droite de l’électorat ce n’est en revanche pas le cas au niveau des intercommunalités puisque la droite républicaine a été effacé des tables avec 90% des élus plutôt à gauche et un élu issus de l’alliance UDR/RN.
Grand paradoxe de cette nouvelle composition, la percée du PRG qui obtient trois présidence d’intercommunalité avec la victoire de Claude Veril à la communauté de commune Pays de Serres en Quercy. Tout cela doit faire réfléchir les potentiels candidats aux prochaines élections sénatoriales qui ont lieu en septembre, surtout à Gauche où l’on doit se sentir pousser des ailes après la déconvenue des municipales. Actuellement, le Tarn-et-Garonne compte un sénateur « Les Républicains », François Bonhomme qui y siège en tant qu’apparenté, et un sénateur « Union centriste » avec Pierre-Antoine Lévi élu en 2020. Quant à Brigitte Barèges, de nouveau éligible le 11 juillet prochain, son silence ne trompe personne sur ses ambitions à obtenir un strapontin sauf à craindre une défaite. LP
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