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Vie de La Brochure
11 mai 2026

Pétain à Montauban et la mort d’Azaňa

Pétain à Montauban et la mort d’Azaňa

Le mardi 5 novembre 1940 4000 personnes sur la tombe d’Azaňa à Montauban, l’ancien président de la République espagnole.

Le jeudi 7 nombre 1940 4000 personnes acclament Pétain à Montauban.

Combien ont participé aux deux manifestations ?

Voici le texte de L’Indépendant Samedi 9 novembre 1940.

L’Indépendant est l’hebdo du radical Bonnafous qui dans le même numéro rend compte de la mort d’Azaňa

Le maréchal Pétain à MONTAUBAN

Après un séjour à Toulouse où il a été très chaleureusement acclamé, M. le Maréchal Pétain a rendu visite à la ville de Montauban qui lui a fait un accueil des plus sympathiques. Parti de Toulouse à 11 heures, par la route, le chef de l'Etat, qu'accompagnaient MM. Peyrouton ministre secrétaire d'Etat à l'Intérieur et Baudouin, secrétaire d'Etat à la Présidence du Conseil, est arrivé à midi devant la Préfecture. Sur la place Maréchal Foch, un escadron du 23e R. 1. les enfants des écoles, les scouts, les compagnons de France en la Légion Française départementale des Anciens combattants se sont rangés devant la foule. Dans la Cour de la Préfecture sont groupés MM. Durocher, préfet de Tam-et-Garonne, son secrétaire général, son chef de cabinet, MM. Giberton, sous-préfet de Castelsarrasin. Le général Marteau, commandant le département, le colonel Ducret, commandant la subdivision, le commandant de gendarmerie, l'état major, les commissaires de police Martrou et Mercier. Un garde à vous retentit quand paraît le Maréchal qui est salué de vivats. Le chef de l'Etat serre des mains, pose des questions et est accueilli dans la Cour d'honneur de la Préfecture par deux jeunes filles en costume Quercynol, Mlles Bénech et Gardes qui lui offrent une gerbe de fleurs. Après ont lieu un déjeuner intime de 12 couverts, offert à là Préfecture par M. Durocher.

Au Monument aux Morts Cours Foucault

A 15 heures 30 le cortège se reforme devant la préfecture et rapidement par les rues Notre-Dame, Lacaze, de la mairie le quai Montmurat, gagne le cours Foucault où s'élève à l'entrée d'un temple grec la Minerve, casquée, armée du bouclier et de la lance, œuvre du montalbanais Bourdelle. Parvenu devant la noble statue dont le geste protecteur et maternel veille sur le souvenir des morts pour la patrie, l'illustre visiteur est reçu par M. Balès maire de Montauban. La foule est des plus compacte. Depuis longtemps le cours n'avait connu une pareille affluence. Le maréchal dépose une gerbe au pied du monument. La sonnerie «Aux morts» retentit. L'émotion est grande dans la foule émue et oppressée. Le grand chef est immobile au garde à vous durant la minute de silence et de recueillement. Puis soudain éclatent de nouveau les acclamations « Vive Pétain, Vive la France », qui l'avaient accueilli à son arrivée. Le Maréchal serre la main du Maire, des anciens présidents des associations des combattants fondus dans la Légion Française, embrasse un enfant, et à pied au milieu de la foule rejoint sa voiture.

Au Musée Ingres

Du Cours Foucault, le Maréchal Pétain se rend au Musée où il est accueilli par MM. Hauteçœur directeur général des Beaux-arts, Jaupard, directeur du musée national, Huygh, conservateur des peintures du Louvre et Bouysset conservateur du Musée Ingres. Le Maréchal parcourt les salles du premier étage et s'arrête devant les principales œuvres. Puis il redescend au rez-de-chaussée où sont abritées depuis la guerre certains des trésors artistiques du Louvre. L'illustre visiteur s'intéresse aux précautions prises pour la sauvegarde de ces richesses nationales et se montre satisfait des sages mesures adoptées. A sa sortie du musée, le Maréchal est accueilli par les ovations des montalbanais groupés devant le Musée et sur le parcours jusqu'à la Préfecture.

Les Réceptions

A 16 heures 45, la visite terminée, le cortège rentre à la préfecture où va avoir lieu la réception des notabilités. Tour à tour M. le préfet Durocher lui présente MM. Agard, préfet replié, Lombard secrétaire général, Ourgaud chef du cabinet, Giberton, sous-préfet de Castelsarrasin, Balès, maire de Montauban, Houard, président du tribunal de Commerce, Rivayrol, président de la Chambre de Commerce, Coignon, président de la Chambre des métiers, Monseigneur Théas, évêque de Montauban, Caldesaigue, pasteur de l'église Réformée, Dufer, haut-commissaire belge, le général de Reyniès, président de la Croix-rouge, le colonel Courtat, président du secours national, le pasteur Guilleny, président du Comité d'Aide aux prisonniers, de Maulde, président de la Légion Française d’A.C., les représentant de sociétés savantes, les chefs de service des grandes administations. Pour tous il a un mot de circonstance. En particulier il a témoigné à M. Dumas, inspecteur d'Académie tout l'intérêt qu'il porte à l’instruction et à l'éducation de la jeunesse. Il félicite ensuite M. Couderc, âgé de 78 ans qui a à son actif 91 sauvetages dont le dernier remonte à quelques jours. De son côté M. Peyrouton, ministre de l'Intérieur, s'entretenait avec les fonctionnaires des divers services du département. Cependant la foule massée place Maréchal Foch crie « Pétain au balcon . » Le chef d'état apparaît alors et salue militairement. Les vivats éclatent. Le maréchal saisit un drapeau et entonne la « Marseillaise » et le public reprend en chœur l'hymne national né à Strasbourg et crie encore Vive Pétain! Vive la France!»

Le Départ

Après un diner intime servi à la préfecture, le chef de l'Etat se dirige vers la gare à 22 heures 25 sous les acclamations de la foule, malgré l'heure tardive et malgré la pluie. Dans la cour de la gare les honneurs lui ont été rendus une dernière fois par le 3e hussards. Cette magnifique journée n'a été troublée par aucun incident fâcheux. Les spectateurs ont docilement observé les consignes du service d'ordre assuré de façon parfaite par la garde mobile, la gendarmerie et par toute la police municipale sous les ordres de M. Martrou commissaire central, Mercier, commissaire spécial, Grenaille officier de paix. Après la visite du Maréchal Pétain.

Dans le numéro suivant du journal 

— A la suite de la venue à Montauban de M. le maréchal Pétain, chef de l'Etat français, M. le préfet de Tarn-et-Garonne a adressé à M. le maire la lettre suivante :

« Montauban, le 9 novembre 1940.

« Monsieur le maire,

 « Au lendemain de l'inoubliable visite dont le chef de l'Etat a honoré la ville de Montauban, je tiens à dire par votre intermédiaire à la population montalbanaise, combien le maréchal Pétain a été ému de l'accueil respectueusement chaleureux, spontané, enthousiaste qui lui a été réservé par tous, du plus jeune au plus vieux. Les acclamations qui ont salué sur son passage celui qui, en des heures tragiques a fait don de sa personne à la France, prouvent la vénération dont l'entoure le peuple et l'espoir qu'il met en lui, le concours qu'il lui offre pour poursuivre son œuvre de redressement.

J'exprime à tous ma gratitude pour ce témoignage dans lequel je vois pour moi-même le plus précieux des encouragements, et je vous dis à vous, monsieur le maire, tous mes remerciements pour l'empressement que vous avez mis à préparer en votre cité la venue du chef de l'Etat. Veuillez agréer, monsieur le maire, l’assurance de ma considération distinguée. Le préfet, A. Durocher.

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