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Vie de La Brochure
7 juin 2026

L’abandon de Samuel Paty ?

L’abandon de Samuel Paty ?

Peut-être plus qu’un livre le film permet de voir face à face, d’un côté l’islamisme et sa pulsion de mort, et de l’autre le «et si» et sa pulsion de vie.

L’islamisme est là comme la mécanique globale qu’il représente, et le film insiste pour bien différencier la religion elle-même, arme de la vie pour certains, et sa forme fasciste, l’islamisme qui avance comme une force irréversible.

En face le « et si » c’est cet homme qui ne peut accompagner Samuel en voiture jusque chez lui, ce qui aurait laissé le tueur sans sa cible, et si… Le « et si » c’est la vie même jusqu’à l’art en général. Et si l’Aveyron n’avait pas en 1930 provoqué une immense inondation mon grand-père ne serait pas venu en France et si…

Pour le «viva la muerte» j’écris une mécanique irréversible car comme toute mécanique : sans panne du moteur, elle avance. Elle vient de loin et va très loin. Puisqu’elle est irréversible faut-il s’incliner ? D’autant que toute opposition à l’islamisme est un carburant qui le fait avancer !

Il y a l’islam, puis certains décrètent « l’islamophobie » justifiant l’islamisme. Donc on ne peut rien faire ? Cessons de blasphémer, ou de revendiquer le droit à blasphémer ? Cette position apparaît dans le film : faisons profil bas et laissons passer l’orage. La liberté ça devient : celle de s’incliner. Sous la pression, même Paty fait profil bas devant un policier qui lui dit que l’injuste formule retenue est un détail. La résistance est toujours possible.

Samuel Paty n’a pas cherché à jouer les héros, il a fait son travail qui est aussi une mécanique, et en face il a découvert un mur dont beaucoup pensaient qu’il n’existait pas. Un homme lui rappelle qu’en Algérie ils ont d’abord tué des journalistes et écrivains avant de détruire des villages. Mais bon c’est en Algérie... ou ailleurs.

Nous sommes face à ce paradoxe : la vie c’est l’éphémère, le fragile ; la mort c’est pour durer, c’est du solide. Sauf que la vie laisse le choix : céder ou résister.

Alors l’abandon ? Le film aurait-il pu s’appeler : la défaite ? la résistance ?

Ce terme d’abandon a fait polémique. Pour résister la Principale a au moins cinq organismes à contacter et c’est là que l’institution déraille. Tout le monde se renvoie la patache chaude… Notre pays ne repose plus sur un système clair mais sur un système féodal avec empilement de services incompréhensibles. L’abandon ce n’est pas l’acte de tel ou tel, mais celui d’une société qui patauge dans l’incohérence. A force de traiter les effets du drame sans en étudier les causes, les remèdes sont devenus inutilisables.

Stéphane Simon qui avait d’abord écrit un livre, Vincent Garenq qui réalise le film, et Mickaëlle Paty, la sœur infirmière de Samuel méritent nos félicitations.

J-P Damaggio

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