Avignon : Au théâtre quand Dickens rencontre Andersen
Ils sont quatre sur scène : la famille Dickens (lui, sa femme et son fils) et Andersen le Danois. Pendant l’été 1857 le Danois (1805-1875) arrive chez Dickens (1812-1870).
Cette fois on se retrouve aux Gémeaux car on voulait voir un spectacle tôt et celui-ci était à 9 h 45. Et surprise le titre Fabuleux est totalement justifié.
Il se trouve que peu de temps auparavant nous avons reçu chez nous des amis Danois et à parler de littérature on a évoqué Andersen... et Padura (je vais revenir sur son cas).
En 1857 Andersen est souvent ridiculisé au Danemark et il trouve chez Dickens un homme capable de le comprendre si bien que c’est d’abord en Angleterre qu’il va être apprécié.
Andersen arrive dans ce cadre très strict de la bourgeoisie londonienne, drôlement habillé avec une valise peu ordinaire et transforme d’un coup, le décor dans lequel il se trouve.
Le spectacle montre l’affrontement entre deux cultures : la sérieuse de Dickens et la comique d’Andersen.
Le fils de Dickens (il a eu 9 enfants) se montre sensible à l’esprit farceur du Danois. Il fait le guide entre les deux adultes, l’un qui s’impose et l’autre qui ne rêve que de le voir partir. Quelle part historique dans ce spectacle ?
Le rapport entre Dickens et sa femme qu’il méprise, et en effet ils se séparent l’année après ? Le rôle de la Reine Victoria ? Est-ce une amitié naissante entre deux célèbres figures de la littérature aux caractères opposés ?
Franchement un coup de chapeau aux acteurs et particulièrement à Sara Sousa qui joue le rôle du fils.
Les trouvailles sont multiples par les objets (la bibliothèque qui se transforme en lit), les vêtements (l’imposante robe de la Reine), la mise en scène.
L’histoire rappelle avec intelligence que chaque individu est différent et que cette singularité doit être cultivée avec l’importance vitale de garder son âme d’enfant.
Andersen rêve tellement qu’il ne s’est jamais marié, n’a donc jamais eu d'enfants qui sont pourtant ceux à qui il s’adresse en priorité par des contes. JP Damaggio