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Vie de La Brochure
21 juillet 2026

Ernest-Pignon-Ernest expose à Carpentras

Ernest-Pignon-Ernest expose à Carpentras

Voici la présentation officielle de l'expo :

A la bibliothèque-musée de Capentras, après le succès des expositions « C215 autour de l’Inguimbertine » en 2024 et « Joseph Siffred Duplessis, L’art de peindre la vie », l’Inguimbertine fait un nouveau bond dans le temps, en consacrant une importante exposition à Ernest Pignon-Ernest, « Ombres de Naples », à découvrir du 23 mai au 1er novembre 2026.

Seront présentées plus de 200 œuvres, dont certaines inédites - dessins, photographies et sérigraphies - issues de cette série créée entre 1988 et 2015 à Naples.

Premier artiste « à avoir investi les murs, les trottoirs, les façades d'une ville pour visiblement éveiller, réveiller, faire geste de surrection et d'alarme »*, Ernest Pignon-Ernest est resté attaché au Vaucluse, car c’est notamment sur les routes du Comtat Venaissin qu’il s’exprime pour la première fois « in situ » en 1966, à l'âge de 24 ans, lorsqu’il alerte sur les risques des missiles nucléaires sur le plateau de Sault. Sur les murs, rochers et routes menant au plateau d’Albion, il se met à tracer au pochoir une silhouette tirée d’une photographie d’Hiroshima – seule trace d’un corps irradié. C’est le début de sa pratique : « je cherche à réactiver le potentiel de mémoire des lieux » commentera-t-il.

Même effacés avec le temps, ses collages laissent sur les murs, une mémoire d'autant plus vive. Il en est ainsi de cette série napolitaine : "d'images aux murs il n'y avait plus, mais demeurait intact ce que René Char avait nommé "les traces qui font rêver", pour reprendre les mots d'André Velter.

L’exposition revisitera ses créations napolitaines sur la culture latine et méditerranéenne, qui dialogueront avec une sélection d’oeuvres de l’Inguimbertine, en écho à cette terre comtadine liée historiquement à l’Italie. Le public redécouvrira la puissance de ces images qui s’inscrivent sur des murs chargés d’histoire et font dialoguer le passé avec le monde d’aujourd’hui.

Exposer à l’Inguimbertine son hommage qu’il consacra à la ville de Naples offre un beau trait d’union avec les poètes qui ont eux aussi laissé leurs empreintes dans le Vaucluse, tels Pétrarque et René Char. La région est aussi chère au coeur de l’artiste, attiré par la proximité du mont Ventoux qu’il gravit dix fois à vélo, ainsi que par la beauté des paysages.

 « Dans l’entrelacs des rues [de Naples], mes images interrogent ces mythes, elles tracent des parcours qui se croisent, se superposent ; elles traitent de nos origines, de la femme, des rites de mort que sécrète cette ville coincée entre le Vésuve et les terres en ébullition de la Solfatare sous laquelle Virgile, déjà, situait les Enfers ; elles convoquent Caravage, parlent des cultes païens et chrétiens que porte aux ténèbres cette cité ensoleillée. C’est une quête au long cours, qui a duré des années, de ce qui fonde ma culture, ma sensibilité méditerranéenne. »

* Monographie Ernest Pignon Ernest, André Velter, Gallimard, 2022

Il est aujourd’hui un artiste internationalement reconnu, et certaines de ses œuvres sont entrées dans l’imaginaire collectif, à l’exemple de son Arthur Rimbaud en routard ou encore son étrange représentation de Pier Paolo Pasolini en figure du Christ.

Il lui a été reproché d’exposer dans une ville dirigée par le RN.

L’expo était prévue avant mais j’ai cherché comment s’est produite cette victoire.

Le RN Hervé de Lépinau à Carpentras :

2014 il perd les municipales/ 2015 il gagne les départementales

2017 il perd les législatives / 2021 il gagne à nouveau les départementales

2022 il devient député / 2024 réélu dès le premier tour

2026 maire de Carpentras 50,7% (il rassemble au second tour l’électorat de 3 listes d’extrême-droite) contre deux listes de gauche incapables de fusionner, un ancien maire condamné pour violences conjugales Francis Adolphe 24,7% et le sortant Serge Andrieu (ancien premier adjoint du précédent) 24,5%. Bravo la gauche !

Un témoin écrit avant le résultat :

Encore un épisode de la tragédie municipale à la française : on se présente sous une étiquette, on prête allégeance à un maire, puis on retourne sa veste au gré des ambitions personnelles ou des rancunes anciennes. À Carpentras comme ailleurs, on ne parle pas de projet, de vision, d’avenir commun, mais de places, de listes et de fidélités mouvantes. La politique se réduit à une gestion de carrière locale où les électeurs, une fois le bulletin glissé, ne sont plus que des spectateurs trahis.

Cette comédie des alliances et désalliances traduit la décadence de la démocratie représentative : les élus ne représentent plus qu’eux-mêmes et leur appétit de pouvoir. L’intérêt général n’est qu’un masque qu’on ajuste au besoin, pour justifier un ralliement ou une défection. C’est une politique sans transcendance, sans idées, réduite à des querelles de personnes.

On s’étonnera ensuite que les citoyens désertent les urnes, qu’ils considèrent la politique comme une mascarade, et que la colère gronde. Le vrai scandale n’est pas que trois élus changent de camp à Carpentras, mais que ce geste illustre une France où les idéaux se sont dissous dans le marigot des calculs électoraux. Voilà pourquoi les institutions locales, comme nationales, apparaissent de plus en plus illégitimes.

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