RÉVOLUTION des œillets au théâtre
« À ceux qui ne croient plus voir s’accomplir leur idéal,
dis-leur qu’un œillet rouge a fleuri au Portugal » (Moustaki)
Avignon 2026. Le Théâtre des Lucioles n’est pas loin de notre studio et comme on marche peu sous la chaleur... Dans la programmation, La fleur au fusil. La place est retenue mais pour dans quatre jours car la salle est pleine. La révolution des œillets y est à l’honneur. La pièce a déjà été jouée à Paris avec un grand succès. Nous sommes dans la salle. Une scène toute noire avec un seul élément dans le décor, une chaise ! Nous ne connaissons pas le comédien mais la troupe oui, Le Grenier de Babouchka. Nous ne sommes pas friands du seul en scène. Mais très vite Lionel Cécilio devient un caméléon : il joue un jeune portugais en grande discussion avec une grand-mère dont il découvre l’histoire. Il joue Céleste, la grand-mère ? Sans l’usage du moindre instrument, juste une position du corps. Elle a un frère Chico et son amoureux Zé, enrôlé de force dans l’armée. Les trois souffrent sous la règle des trois F : Fado, Fatima et Football. Ils préfèrent les trois D : Démocratie, Décolonisation Développement. Mais comment réussir une révolution ?
Lionel Cécilio, un enfant de Montreuil, né en 1983 dit sa joie de jouer ce spectacle :
« Une révolution pacifique !
Renverser la barbarie du fascisme avec des fleurs et des chansons en préservant notre humanité et l’amour qui nous anime ! C’est de ça que nous avons besoin aujourd’hui ! C’est ça qu’ils ont accompli hier. Je suis habité par ce que raconte cette histoire vraie, par l’inspiration et l’espoir qu’elle porte.
Surtout dans le monde dans lequel nous vivons.
Érosion de l’état de droit et dénis de démocratie en France, éclosion de milice fascisante aux USA, culte du chef, autoritarisme et remise en question des droits des femmes un peu partout sur le globe… Avoir la force de garder notre humanité face à tout cela mais en conservant chevillé au corps la nécessité d’enclencher une révolution pour renverser le rapport de force.
Cette histoire n’aura jamais été aussi actuelle ! Je suis éminemment fier de la porter chaque soir au plateau ! Mais ce qui m’anime le plus c’est de nous savoir si nombreux à partager ses valeurs. À la seule force du bouche à oreille, sans communication ni effet d’annonce vous avez rempli toutes les salles où ce spectacle est passé. Et parti comme c’est parti ce sera bientôt complet à la comédie bastille aussi !! »
Le 27 janvier 1973 signature de l'accord de paix au Vietnam.
Le 25 avril 1974 la révolution des œillets.
Le 20 novembre 1975 la mort de Franco.
Dans la foulée des événements mondiaux de 1968 les années 1970 ont fait trembler le système en place. Qui en est revenu plus fort !
'Sempre juntos' a permis au peuple portugais d'en finir pacifiquement avec l'estado novo, la plus longue dictature d'Europe. « Cette histoire n’aura jamais été aussi actuelle ! » dit le comédien sauf qu’aujourd’hui n’est plus hier ! Et pour moi si le spectacle est magnifique pour faire revivre ce passé, il permet de vérifier que ce passé ne reviendra plus. J’ai beaucoup aimé la présence du portugais et ce mot cravos pour dire œillets. Je vais revenir sut cette question portugaise. J-P Damaggio