Sénatoriales 82 : la candidature Lévi
Le Petit Journal vient de donner la parole Pierre-Antoine Levi. Il avait été la surprise de l’élection de 2020 en l’emportant d’une voix sur le candidat de Baylet et juste après son éviction de la mairie de Montauban. Il va retrouver face à lui Mme Barèges, la maire qu’il a servi longtemps. JPD
Le Petit Journal
Le Petit Journal : Sénateur, vous avez officialisé fin juin votre candidature à votre réélection. Pourquoi repartir ?
Pierre-Antoine Levi : L'envie est là, intacte, peut-être même plus forte qu'en 2020. Parce qu’il reste tant à faire pour notre département. La LGV, l'hôpital de Montauban, Occirail, aider nos communes, l'accès aux soins, l'agriculture : autant de chantiers que je veux voir menés à leur terme. On ne lâche pas un travail à mi-chemin. Et puis, en toute transparence avec vous, de nombreux élus de terrain, de toutes sensibilités, sont venus me voir pour m’inciter à me représenter. Quand on vous dit «continuez, on a besoin de vous», cela vous oblige et cela vous motive. Un sénateur sans les maires et leurs élus n'est rien. C'est cette confiance-là qui fonde ma candidature.
Vous dites que la politique dans le département n’est pas toujours facile...
Pierre-Antoine Levi : Non, elle ne l’est pas. Je vais être franc : elle est dure, parfois même très dure. On le sait, on le vit, il y a des coups-bas, des moments difficiles. Mais ce qui me porte, ce sont les résultats concrets que nous obtenons pour les Tarn-et- Garonnais. Le reste, les petites manœuvres, les jeux d’appareils, je m’en tiens éloigné. Ce n’est pas ma conception de l'engagement.
Quel bilan tirez-vous de ces six années ?
Pierre-Antoine Levi : Un bilan de travail intense. En 2020, j’avais pris un engagement clair : n'exercer qu'un seul mandat, me consacrer pleinement au Sénat. Je l’ai tenu, et cela m'a permis d'être présent partout, tout le temps. Sur le plan législatif, je suis particulièrement fier de trois lois. La loi sur la restauration étudiante, que l'on appelle parfois la «loi Levi» : en pleine crise sanitaire, alors que des étudiants sautaient des repas, j'ai voulu une solution pour ceux qui sont éloignés des restaurants universitaires. La loi contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur, adoptée définitivement en 2025 : notre université doit rester un lieu où chaque étudiant peut étudier sans crainte. Et la loi sur le patrimoine sensoriel de nos campagnes, adoptée à l’unanimité, qui protège le chant du coq et les cloches de nos villages. Trois lois de bon sens.
Mais un sénateur ne fait pas que voter la loi...
Pierre-Antoine Levi : Vous avez raison, et c’est même l’essentiel. Un sénateur est là pour être utile, concrètement, sur le terrain. J’ai contribué à faire avancer de grands dossiers pour le département. La LGV Bordeaux-Toulouse, d’abord, l’hôpital de Montauban, ensuite : alors que le dossier semblait au point mort, j’ai sollicité personnellement le ministre de la Santé pour le relancer. Nous y sommes presque ! J'ai aussi aidé à obtenir deux nouvelles brigades de gendarmerie, à Labastide-Saint-Pierre et LaVille- Dieu-du-Temple. Et puis, au quotidien, j'ai débloqué des centaines de dossiers pour des communes, des entreprises, des citoyens. C'est invisible et ça ne fait pas la une !
On vous décrit comme un sénateur très présent sur le terrain. C’est une marque de fabrique ?
Pierre-Antoine Levi : C'est ma conception même du mandat. Un sénateur ne doit pas être un élu lointain, enfermé à Paris. Depuis six ans, je me suis fait un devoir d'être présent partout : dans nos communes, aux côtés des maires, des élus, des associations, et de tous les Tarn-et-Garonnais. J’ai sillonné le département, village après village, parce que c’est sur le terrain que l’on comprend les vraies attentes, que l’on mesure les difficultés, que l’on trouve les solutions. Ma porte est toujours ouverte, et je réponds présent quand on me sollicite. Cette proximité, cet ancrage, ce n’est pas une posture de campagne : c’est ma façon d'exercer ce mandat depuis-le premier jour, et ce sera exactement la même chose demain.
L’agriculture occupe une place centrale dans votre action.
Pierre-Antoine Levi : Bien sûr, dans un département comme le nôtre, où l’arboriculture, l'élevage et les grandes cultures structurent l’économie et façonnent nos paysages. Défendre nos agriculteurs n’est pas une posture, c’est une nécessité. Récemment encore, lors de l’examen du projet de loi d’urgence pour la souveraineté agricole, j'ai fait adopter six amendements, travaillés avec les Chambres d’agriculture, pour alléger des contraintes absurdes et défendre nos exploitants. Et avec les sécheresses à répétition, la question du stockage de l’eau devient vitale : on ne peut pas demander à nos agriculteurs de nous nourrir et leur refuser les moyens d’irriguer.
Nous vivons une canicule historique. Quel regard portez- vous dessus ?
Pierre-Antoine Levi : Une pensée, d’abord, pour les plus vulnérables : nos aînés isolés, nos agriculteurs qui travaillent sous une chaleur écrasante. Et un immense merci à ceux qui se mobilisent, pompiers, soignants, élus locaux. Nos petites communes rurales sont en première ligne et souvent les moins armées. Disons les choses franchement : étudier dans une classe à 40 degrés, être hospitalisé dans une chambre à 35 degrés, ce n’est pas digne de notre pays. Sur ce sujet, je n’ai aucun dogme. Il faut accompagner les communes dans la rénovation énergétique, mais aussi, quand c’est nécessaire, dans l'installation de climatisations ou de pompes à chaleur réversibles. Et tout nouveau bâtiment public doit désormais intégrer ces équipements dès sa conception. On construit pour cinquante ans : on ne peut plus concevoir nos écoles comme si le climat des années 80 allait revenir.
Vous êtes le candidat de la majorité sénatoriale. Que représente ce soutien ?
Pierre-Antoine Levi : Je suis candidat avec le soutien du Président du Sénat, Gérard Larcher. Ce n’est pas un chèque en blanc : c’est la reconnaissance d’un travail et un engagement à le poursuivre. Mais je n’oublie pas d’où je viens : j’ai été élu en 2020 pour une seule voix. Une seule ! Cela forge une certaine humilité, et le goût du travail. On ne prend jamais rien pour acquis.
Vous vous présentez de nouveau avec une suppléante. Un mot sur ce binôme ?
Pierre-Antoine Levi : Je veux d'abord avoir une pensée et un remerciement très sincère pour Christèle Garcia, qui a été ma suppléante durant tout le mandat qui s'achève. Son soutien fidèle et son engagement à mes côtés ont beaucoup compté, et je tiens à lui exprimer publiquement ma gratitude. Pour cette nouvelle échéance, j’ai le plaisir de me présenter avec Sylvie Borel, maire de Canals depuis 2021, élue municipale dès 2008. C’est une élue de terrain, profondément attachée au monde rural et au service public, qui connaît parfaitement les réalités de nos communes et les attentes des élus. Ensemble, nous formons un binôme enraciné dans le département, animé par la même volonté : défendre nos communes et rassembler les élus.
Un dernier mot, à quelques semaines du scrutin ?
Pierre-Antoine Levi : Simplement que je me présente avec un bilan dont je suis fier et un projet ambitieux pour notre département. Je continuerai à servir le Tarn-et-Garonne comme je l’ai toujours fait : avec sérieux, assiduité, indépendance d'esprit et dans le respect de chacun. C’est tout le sens de mon engagement.
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