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Vie de La Brochure
22 juillet 2026

Toulouse fête Jeanne d'Arc en 1934

Toulouse fête Jeanne d'Arc en 1934

Le monument Jeanne d'Arc deToulouse est inauguré le . En mai 1934 nous sommes encore loin du Front populaire. Jeanne d'Arc est entre les mains des pouvoirs en place. L'extrême-droite veut s'emparer de cette figure. L'extrême-gauche en profite pour s'opposer à elle. 

La Dépêche La FETE de JEANNE D'ARC 14 mai 1934

Elle a été marquée cette année par de légers incidents provoqués par des éléments extrémistes

La fête nationale de Jeanne d'Arc et le traditionnel défilé des troupes, qui se passait d'habitude à Toulouse sans la moindre difficulté, a été marquée cette année par de légers incidents provoqués par des éléments extrémistes du parti communiste et du groupe Amsterdam-Pleyel, dit de lutte contre la guerre et le fascisme. Par des affiches apposées la veille et par des tracts répandus à profusion, ces organisations invitaient leurs adhérents à se rendre ce matin, à 9 h. 30, à un rassemblement, en face la Bourse du travail, place Saint-Sernin.

Notons que, dans la nuit, des vandales avaient badigeonné de peinture rouge la statue de Jeanne d'Arc, place Matabiau, et l'avaient adonnée d'inscriptions en lettres noires, inscriptions que surmontaient la symbolique faucille et le marteau. Le monument aux morts de la guerre, allées Alphonse-Peymt, et l'Héraclès de Bourdelle avaient subi le même sort.

Cependant, d'importantes forces de police s'étaient rendues place Saint-Sernin, au lieu de rassemblement des groupes extrémistes. Mais ceux-ci, devant cet important contingent policier, se dispersèrent et s'en furent se grouper petite rue Saint-Rome, d'où partit leur manifestation. Les contre-manifestants rencontrèrent le cortège de Jeanne d'Arc rue Alsace-Lorraine, et les extrémistes, au nombre d'une centaine environ, firent escorte au cortège, scandant leur marche de huées et de sifflets. Quelques légères frictions sans gravité se produisirent et les manifestants parvinrent place Matabiau, devant la statue de Jeanne d'Arc. Mais ils furent là arrêtés par un groupe important d'agents que doublaient des inspecteurs de la sûreté.

Le défilé des troupes, impeccable, eut lieu sans incidents sous le commandement du colonel Pénavayre, commandant le 2e groupe des subdivisions. Ces troupes étaient composées de détachements du 14e régiment d'infanterie, du 2e régiment d'aérostation et du 117e régiment d'artillerie, accompagnés de leurs drapeaux et étendards respectifs.

Au pied de la statue étaient groupés M. Pouroade, préfet de la Haute-Garonne, accompagné de M. Ducomibeau, secrétaire général; M. le général Lafont, commandant le 17e corps d'armée; M. Gâches, prooureur général, et diverses autres personnalités.

La musique militaire, sous la direction de M. Hardit, jouait pendant le défilé, auquel assistait un très nombreux public.

Mais le défilé était accompagné aussi des stridences des sifflets à roulette où s'époumonaient les manifestants et, par instants, du chant de « l'Internationale ».

C'est au moment du défilé des diverses organisations, que précédait la Lyre Saint-Cyprien, qu'eurent lieu de légères bagarres, dont la plus sérieuse de toutes amena l'arrestation de trois manifestants.

Un spectateur voisin du groupe des extrémistes ayant crié «Vive la France!», fut violemment pris à partie et frappé. Des agents s'interposèrent et une courte bagarre s'ensuivit, au cours de laquelle l'agent Escribe fut assez sérieusement touché.

Les arrestations n'ont pas été maintenues, mais les deux personnes qui en furent l'objet se sont vu dresser un procès-verbal pour coups à agents.

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